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Yannick Nézet-Séguin promet une saison «sans compromis»

Yan Lauzon | Agence QMI

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STEVE MADDEN/AGENCE QMI

L'Orchestre Métropolitain (OM) fêtera ses 40 ans lors de la saison 2020-2021. Son directeur artistique et chef principal, Yannick Nézet-Séguin a donc élaboré un programme riche en émotions.

Beethoven, Brahms, Mendelssohn... M. Nézet-Séguin, la programmation de votre 40e saison est costaude. Comment la qualifiez-vous?

C’est une saison exceptionnelle et sans compromis! L’Orchestre Métropolitain a vraiment atteint de grands sommets musicaux au cours des dernières années, en s’affirmant comme ensemble fièrement montréalais qui rayonne à l’international, mais qui chérit sa mission première: célébrer la musique classique en restant près de son public. J’ai vraiment voulu que cette saison soit festive et grandiose, à la hauteur du registre de l’Orchestre, avec des oeuvres phares et d’autres qui seront des découvertes, mais toujours dans l’émotion, la force, la beauté et la subtilité qu’offre le répertoire symphonique.

-Vous avez une ouverture avec 100 musiciens et une clôture avec quatre concerts en trois jours... Qu'est-ce qui vous a inspiré pour ces rendez-vous?

L’OM fête ses quarante ans; j'ai voulu marquer le coup avec une ouverture magistrale. «La Symphonie Tragique» de Mahler est immensément bouleversante. Nous voulons amener le public à vivre de grandes émotions. Je suis aussi très heureux de présenter ce concert à l’Église Sainte-Claire dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, la veille de notre concert à la Maison symphonique. C’est important qu’on envoie un message à notre public que la musique classique avec l’Orchestre Métropolitain n’est pas réservée à une élite. On joue dans tous les quartiers de Montréal depuis plus de 30 ans. Je dirigerai d’ailleurs quatre concerts dans des arrondissements cette saison, parmi les 17 qui seront présentés par l’OM dans les divers quartiers de Montréal. Faire vivre la musique, c’est notre raison d’être! Notre finale de saison sera également grandiose, avec les neuf symphonies de Beethoven dans un marathon de trois jours.

-Quatre des cinq chefs invités cette saison sont des femmes. Était-ce une priorité pour vous?

Oui, c’était un choix réfléchi d’inviter autant de femmes cheffes pour diriger les concerts de l’Orchestre Métropolitain. Nous le faisons aussi dans la saison en cours. Chaque artiste dans notre programmation est mis en lumière pour son talent, pour sa vision, pour ce qu’il ou elle peut apporter au public et à l’orchestre. Des femmes de grand talent, j’en côtoie tous les jours dans mon métier. Durant des siècles, les femmes ne pouvaient pas diriger les orchestres, les musiciennes n’étaient pas assez reconnues et les oeuvres des compositrices n’étaient que très peu programmées. Par chance, cette époque est en partie révolue, mais ces années ont encore des répercussions aujourd’hui. Je pense que ceux qui décident de la programmation musicale en général ont un rôle à jouer pour renverser la tendance et présenter davantage de femmes pour rééquilibrer l’écart historique. J’ai choisi des femmes de grand talent; les cheffes Gemma New, JoAnn Falletta, Simone Young et Nathalie Stutzmann dirigeront l’Orchestre Métropolitain à Montréal la saison prochaine.

-Sur les 15 programmes de la saison, vous avez choisi d'en diriger neuf. Lesquels vous stimulent le plus?

Je suis heureux de diriger autant de concerts la saison prochaine. J’aime tellement tous les programmes, que j’aurais voulu tous les diriger! [...] Les grands rendez-vous en compagnie du Choeur Métropolitain me stimulent particulièrement. Nous présenterons «Elias» de Mendelssohn, probablement l’une des oeuvres chorales les plus ambitieuses, dont l’ampleur est comparable au «Messie» de Haendel que le public connaît bien. Ce sera décuplé par le talent extraordinaire des solistes invités qui prêteront leurs voix à cette oeuvre (Lucy Crowe, Karen Cargill, Andrew Staples et John Relyea). Le «Requiem» allemand de Brahms, une autre oeuvre chorale, promet d’être un moment inoubliable. Brahms est l’un de mes compositeurs préférés depuis toujours. Ce concert saura conquérir le public. Bien que ce soit une messe pour les défunts, cette œuvre est lumineuse avec beaucoup de beauté, d’espoir et de sérénité. C’est un chef-d’œuvre universel qui fait l’unanimité partout.

-Vous avez imaginé deux grandes invitations au public, une pour les compositeurs et l'autre destinée aux musiciens. À quel point le contact avec les gens est-il important pour vous?

J’ai voulu que cette saison soit grandiose, mais j’ai surtout voulu qu’on crée des occasions de rassemblement et de reconnaissance de nos talents canadiens. Le concours de composition est vraiment né d’un désir de faire briller le talent d’ici, les oeuvres contemporaines qui pourraient devenir nos prochains classiques. C’est très important de laisser une place aux oeuvres nouvelles. Nous jumellerons les compositions gagnantes du concours aux grandes symphonies de Beethoven. C’est tout un défi, car Beethoven est l’un des compositeurs les plus marquants de l’histoire... Les Québécois sont vraiment fiers des succès de l’Orchestre Métropolitain. On le sent à la Maison symphonique et dans les arrondissements, et ça nous motive à nous dépasser en tournée internationale, mais l’important pour les musiciens de l’OM et pour moi-même, c’est de rester près de notre public, de le côtoyer, de lui ouvrir nos portes. J’ai hâte à l’événement «Tutti», un beau rassemblement inspiré du «PlayIN» que mon Orchestre de Philadelphie présente chaque année. Les musiciens de l’OM y ont participé lors de notre tournée américaine l’automne dernier et ils m’ont tous dit «Yannick, il faut faire ça à Montréal!» Nous inviterons les musiciens amateurs qui souhaitent vivre l’expérience d’une répétition, à jouer sur la scène de la Maison symphonique en compagnie de musiciens de l’OM; j’aurai le plaisir de diriger tout ce beau monde.

Tous les détails de la saison 2020-2012 sur orchestremetropolitain.com.