/news/society

Il meurt seul, loin de sa famille

Les nouvelles mesures mises en place dans les hôpitaux pour éviter la propagation du coronavirus créent des situations parfois dramatiques. Un homme est mort seul, loin de sa famille, et ses proches dénoncent la situation.

• À lire aussi: Visites suspendues dans les hôpitaux et CHSLD

«À 3h15 du matin, le téléphone a sonné, puis c'était l'infirmière qui m'a dit: "Il faudrait que vous vous en veniez, votre père a eu une dégradation de son état rapidement. Il faudrait que vous veniez, mais ne vous pressez pas." J'ai dit: "Est-ce qu'il est conscient?" Elle m'a dit: "Non."», explique Claudia Forget, la fille du défunt.

Celui qui a passé 50 ans de sa vie avec son épouse est finalement décédé seul cette nuit aux soins palliatifs.

«Ma mère ne pensait pas qu'il était mort. On ne l'avait pas vraiment dit. Elle a commencé à lui parler et à lui donner un bec, et elle a dit: "Voyons, il est froid." Là, il était mort», ajoute Mme Forget.

Vendredi, le CIUSS de l'est-de-l'Île-de-Montréal a interdit les visites dans les CHSLD et les hôpitaux. Mesures que le premier ministre a étendues samedi à l'ensemble du Québec, sauf pour les personnes en fin de vie»

«Mon père a tellement pleuré au téléphone quand ma mère lui parlait. Il a dit: "Tu m'abandonnes, tu me laisses tout seul." Et elle disait: "Je ne peux pas, je ne peux pas, je te jure, on ne peut pas y aller"», explique-t-elle.

Le médecin n'estimait pas qu'il était en fin de vie, même s'il était aux soins palliatifs.

«J'ai demandé: c'est quoi la définition de "fin de vie"? Parce que pour moi, palliatif égalait fin de vie. On m'a dit: "C'est vraiment la fin." Donc, quand il est inconscient», lâche Mme Forget.

Pendant trois jours, la famille n'a pas pu revoir le patriarche.

«Il est mort tout seul. Il est mort tout seul, et il s'est dit: ma femme et ma fille m'ont abandonné... Ça, pour moi, ça va être difficile», conclut Mme Forget.

Par voie de communiqué, la direction du CIUSS a précisé que des directives ont été émises pour clarifier l'accès aux personnes en fin de vie. 

La famille de M. Forget dit qu'elle comprend qu'il s'agit de limiter la propagation de la COVID-19, mais elle estime qu'il est inacceptable qu'un homme de 82 ans meure ainsi, seul, loin des siens.

Dans la même catégorie