/news/law

L'audition de la requête Jordan déposée par Normandeau reportée

Jean-Luc Lavallée | Le Journal de Québec

Photo d'archives, Stevens Leblanc

Nathalie Normandeau et ses coaccusés devront prendre leur mal en patience. Même si certains avocats de la défense se disaient prêts à procéder, lundi matin, l’audition de la requête en arrêt des procédures, de type Jordan, été reportée en raison du coronavirus. 

• À lire aussi: Le juge accepte d’entendre la requête de Nathalie Normandeau en priorité

• À lire aussi: Normandeau tient responsables l’UPAC et la Couronne

• À lire aussi: Nathalie Normandeau demande l’arrêt des procédures

Plus de vingt personnes s’étaient déplacées au palais de justice de Québec pour la première journée d’audition de cette requête, qui devait s’étirer sur trois ou quatre jours. D’entrée jeu, le public, les accusés et les enquêteurs au dossier ont été exclus de la salle de cour à la demande d’une constable spéciale relayant ainsi des directives du juge André Perreault. 

Les accusés ont ensuite pu revenir dans la salle pour assister à un débat sur la notion d’«urgence» judiciaire. Rappelons que le ministère de la Justice a suspendu les procédures régulières en Cour du Québec et en Cour supérieure, laissant toutefois aux magistrats le soin de déterminer si une cause devait procéder ou non en raison de l’urgence commandée par chaque situation.  

L’un des accusés, Marc-Yvan Côté, ne s’est pas présenté au palais de justice en raison de la recommandation du premier ministre qui invite les personnes âgées de 70 ans et plus à rester à domicile. Par la voix de son avocat, il se disait néanmoins prêt à se déplacer de Charlevoix au besoin.  

L’avocat de Mario Martel, Me Réjean Lavoie, s’est montré en faveur de procéder, y voyant même une «occasion rêvée pour délibérer en toute quiétude», considérant que le palais de justice est «littéralement vide». «Le total des personnes ici n’est pas très impressionnant...Si on ne procède pas aujourd’hui, personne ne va être en mesure de dire si on va procéder dans deux mois, dans quatre mois, dans six mois», a-t-il fait valoir. 

D’autres procureurs ont toutefois exprimé leur malaise. «C’est très inquiétant ce qui se produit en Italie et en Europe mais on est déjà ici ce matin. Moi, je m’attends à ce que toute personne qui puisse présenter de près ou de loin des symptômes doive quitter la salle. Si quelqu’un pense qu’il peut être contaminé ou qu’il revient de l’extérieur, il doit le dire», a exprimé Me Maxime Roy, qui représente Nathalie Normandeau.  

Chaque personne est «une menace» 

«J’essaie de décoder les messages envoyés par les autorités gouvernementales. Actuellement, dans la salle, on est tous une menace l’un envers les autres. Je compte plus de 20 personnes même si le public est exclu. On se passe des documents de l’un à l’autre, il y a une promiscuité, on se parle. Certain ont le réflexe de s’approcher d’un collègue pour parler à voix basse», a exprimé le juge Perreault.  

«On est dans une pente ascendante qui préoccupe grandement les autorités. Je m’en remets aux explications de M. Arruda hier. Dans ce contexte, j’ai l’intention de faire en sorte qu’on ne procède pas dans les trois prochains jours», a ajouté le juge qui a fixé la prochaine audience au 15 avril, afin de faire le point sur la situation sanitaire pour déterminer, éventuellement, une nouvelle date d’audition. 

Rappelons que l’ancienne vice-première ministre fait face à des accusations d’abus de confiance, de fraude envers le gouvernement et de corruption dans les affaires municipales. Le fond de l’affaire est en lien avec des contributions électorales illégales octroyées afin de favoriser l’obtention de contrats publics entre 2005 et 2010. 

Sans surprise, ses cinq coaccusés (Marc-Yvan Côté, Bruno Lortie, France Michaud, François Roussy et Mario Martel) ont joint leur nom à la requête Jordan.