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Une victime escortée hors du palais de justice pour des symptômes grippaux

Kathleen Frenette | Journal de Québec

Après le passage de la victime, chaque objet touché par elle a été désinfecté par l'équipe de l'entretien ménager du palais de justice de Québec.

Photo Kathleen Frenette

Après le passage de la victime, chaque objet touché par elle a été désinfecté par l'équipe de l'entretien ménager du palais de justice de Québec.

Appelée à témoigner dans le cadre d’une enquête préliminaire considérée comme «urgente» en raison de la détention de l’accusé et de la nature de ses crimes, une présumée victime s’est présentée au palais de justice alors qu’elle avait des symptômes grippaux, ce qui a causé tout un émoi.  

«La victime au dossier a un rhume et elle tousse. Ses enfants semblent également faire de la fièvre. Je ne l’ai pas fait entrer dans la salle, par contre j’ai pris des dispositions et elle pourrait témoigner sous masque».    

Cette phrase, lancée par la procureure au dossier, Me Andréanne Tremblay a laissé planer un lourd silence, mardi matin, dans la salle où prenait place le juge Alain Morand.    

Rapidement, l’avocat de la défense, Me Yves-André Le Boutillier a répliqué qu’il n’était «pas intéressé» à se trouver dans la même pièce que la dame.    

Bien que la proposition que le témoin soit entendu en visioconférence a traversé l’esprit du tribunal pendant quelques minutes, le magistrat a finalement tranché, après une courte suspension, et décidé que la procédure pouvait être reportée.     

«Selon les directives de la santé publique, les personnes qui présentent des symptômes doivent demeurer en isolement. Il y a donc lieu de retourner immédiatement la plaignante chez elle afin qu’elle se conforme aux mesures», a-t-il dit avant que la dame ne soit escortée à l’extérieur de la bâtisse par un constable spécial.     

Quelques minutes plus tard, une personne responsable de l’entretien ménager s’est affairée à désinfecter chaque poignée, mur ou banc touchés par la victime.     

Réduction des salles 

Si lundi, une quinzaine de salles de cour étaient en activité, mardi, seulement quatre demeuraient ouvertes: la salle des comparutions, celle servant à reporter les dossiers, la salle du tribunal de la jeunesse et celle servant à prononcer les ordonnances de garde en établissement pour évaluation.     

De son côté, le Bureau du directeur aux poursuites criminelles et pénales a apposé une affiche sur la porte menant à ses bureaux et précisant qu’en raison du coronavirus, «la réception sera fermée jusqu’au 30 mars».    

Mode réaction 

Les avocats de la défense ont quant à eux choisi de se relayer et, depuis le début de la semaine, une poignée d’avocats repoussent, en bloc, les dossiers des clients qui ne sont pas détenus, que ce soit au palais de justice ou encore dans les cours municipales de Québec et de Lévis.    

«Les dossiers sont reportés à dans deux mois. Les clients sont avisés de ne pas se présenter et la poursuite consent aux absences pour qu’il n’y ait pas de mandats d’arrestation d’émis», a aussi fait savoir la vice-présidente de l’Association des avocats de la défense de Québec, Me Dominique Cantin, en ajoutant que, présentement, la défense était plus «en mode réaction qu'en mode planification» quant à la suite des choses.