/news/coronavirus

EN VIDÉO | Ruée des snowbirds vers le nord

Stéphanie Martin et Pierre-Paul Biron | Journal de Québec

C’est la ruée des snowbirds vers le Québec, constate un couple de Rimouski, qui a écourté son séjour annuel en Floride dans la foulée de la pandémie de COVID-19.       

• À lire aussi: COVID-19: des assureurs restreignent la couverture des snowbirds  

• À lire aussi: Une agence met en place un service pour rapatrier des snowbirds de la Floride  

«Tout le monde remonte vers le nord!»; Micheline Côté et René Mercier sont partis de la Floride mercredi matin et étaient en Géorgie quand Le Journal leur a parlé. Ils devaient rentrer seulement le 20 avril, mais les événements récents ont bousculé leurs plans. Dès qu’ils ont eu la consigne du gouvernement de revenir au pays, ils ont mis les bouchées doubles pour fermer leur condo et faire leurs valises.      

«Il y a des Québécois sur la route!», lance Mme Côté. Plusieurs voitures, VUS, camions, véhicules récréatifs, voyagent vers le nord. Elle a même vu un poids lourd qui transportait des voitures avec des plaques d’immatriculation du Québec.   

Le long de l'autoroute 95, qui est la route la plus empruntée pour passer de la Floride au Québec, la file d'attente était même très longue pour accéder à certaines haltes routières.       

«On a plein d’amis qui ont quitté. Il y en a qui partent vendredi, d’autres samedi, et il y en a même qui vont peut-être se payer des jets privés pour s’en aller. Je dis ça sous toute réserve.» Plusieurs Ontariens se ruent aussi vers la frontière canadienne, remarque Micheline Côté.      

La consigne du premier ministre François Legault a été reçue par plusieurs Québécois qui passent leur hiver en Floride. Pour les Côté-Mercier, même si le retour est hâtif, on se sentira plus en sécurité au Québec. «Aux États-Unis, le pic est à venir. Je suis contente de quitter.» Ils ont bien l’intention de respecter l’isolement préventif une fois rentrés, même s’ils ne présentent aucun symptôme.      

Mercredi, l’annonce des gouvernements canadien et américain de la fermeture des frontières pour les déplacements non essentiels ne leur causait pas de stress. «Ça fait mon affaire. On va être capables de rentrer. Ils auraient dû le faire avant.»      

Les assurances, à surveiller   

De leur côté, Éliane Beauregard-Langelier et son conjoint Steve Jodoin ont décidé de mettre le cap vers le Québec avec leurs trois enfants à bord.   

Le couple ne voulait prendre aucun risque même si cela veut dire que leur long road trip de six mois tombe à l’eau après seulement six semaines. Plutôt que de découvrir le Texas et la Californie, la famille se dirige donc vers une quarantaine de 14 jours dans leur maison de Saint-Jude en Montérégie.   

«C’est trois ans de notre vie à ramasser des sous. [...] On se demande surtout quand on va pouvoir remettre un voyage de six mois comme celui-là? C’est ça qui est difficile à accepter», explique Mme Beauregard-Langelier, précisant que c’est un mémo annonçant la fin de leur couverture médicale s’ils ne rentraient pas au pays qui les a convaincus.   

Plusieurs Canadiens se retrouvent d’ailleurs dans la même situation de découverture d’assurances que la famille d’Éliane Beauregard-Langelier. De nombreuses compagnies ont annoncé au cours des derniers jours mettre fin à la protection en raison du virus si leurs clients prenaient le risque de rester aux États-Unis.   

«Nous avons eu beaucoup de questions sur les assurances. Plusieurs compagnies ont donné 10 jours pour revenir au Canada», explique Evan Rachkovsky, directeur de la recherche et des communications à l’Association canadienne des snowbirds, ajoutant que l’organisme était «littéralement inondé d’appels et de courriels» depuis quelques jours.    

Entraide   

Cette course au retour à la maison semble malgré tout se passer dans le calme selon les snowbirds à qui Le Journal a pu parler.   

Les gens demeurent courtois sur la route et respectent une certaine distance dans les restaurants et les aires de repos. Plusieurs initiatives d’entraide s’organisent même sur les réseaux sociaux dans des groupes de Québécois en Floride, des voyageurs précisant notamment les lieux d’embouteillage ou les hôtels et les aires de repos fermés.   

«On a vu plein d’annonces de gens prêts à aider. Il y avait une dame qui a deux véhicules en Floride qui proposait d’en prêter un à des gens qui n’auraient pas de moyens de revenir au Québec», raconte Louise Gilbert, jointe par Le Journal alors qu’elle et cinq membres de sa famille, dont deux jeunes enfants, s’entassaient dans un Ford F-150 pour revenir à la maison. «Ce n’était pas prévu comme ça, mais on fait avec!»   

Plusieurs Québécois ont aussi précisé avoir reçu de l’aide de membres de leur famille qui prépareront leur retour à la maison et leur quarantaine.   

«Notre épicerie est déjà faite, comme ça on n’aura même pas à sortir», raconte Mme Gilbert.   

Accès rapide aux douanes   

Pendant la journée de mercredi, l’accès aux douanes demeurait quand même assez fluide entre les États-Unis et le Québec. À Lacolle en début d’après-midi, aucune file d’attente ne se créait malgré le retour massif de gens au pays.   

«Ça s’est très bien passé, on n’a presque pas attendu», souligne Joanne Barlati, qui revenait de la Floride.   

Seul bémol selon elle, des lacunes dans certaines procédures d’hygiène. Malgré le fait que les agents portent des masques et des gants, les passages de documents officiels comme le passeport peuvent transmettre le virus si certaines personnes sont porteuses.   

«Oui il a des gants, mais il ne les change pas entre les voitures. Donc si la personne devant moi a quelque chose, ça peut se transmettre quand il prend ses documents et qu’il touche les miens ensuite. Disons qu’on s’est posé la question», fait remarquer la femme d’Otterburn Park.

Dans la même catégorie