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«J.E» confronte des revendeurs sans scrupules

Elizabeth Laplante | TVA Nouvelles

Au fil de la propagation du coronavirus, la demande en magasin, pour les désinfectants à mains et masques de protection, a littéralement explosé. 

Les tablettes des commerces se sont vidées, les revendeurs eux, ont flairé la bonne affaire.   

L’équipe de «J.E» est allée à la rencontre de ces revendeurs, qui ont commencé à afficher les produits à des prix exorbitants, notamment sur la plateforme Kijiji.  

Une recherche rapide nous a permis de trouver quelques dizaines d’annonces à des prix indécents. Par exemple, un vendeur réclame 200 $ pour deux bouteilles grand format de désinfectant à main.   

Il a donné rendez-vous à notre complice, en prenant soin de ne pas donner sa propre adresse, mais plutôt celle du voisin d’en face.   

Lorsque notre équipe sort la caméra de «J.E», l’individu nous demande de quitter sa propriété, refuse de répondre à nos questions et se réfugie à l’intérieur de sa résidence.   

Dans une autre annonce, le vendeur dit avoir une variété de formats de produits désinfectants.    

Il donne rendez-vous dans une station-service de Laval. Il demande 80 $ pour moins d’un litre de Purell.   

«J’en vends à la tonne, donc il ne m’en reste plus beaucoup», souligne le vendeur.    

Un autre homme, qui prétend avoir acheté un peu trop de désinfectant pour son utilisation personnelle, nous offre une bouteille de 500 ml pour 100 $.   

«Mais je vous dis, quand on le cherche [le désinfectant], on ne le trouve pas, remarque le revendeur. 100 $, entre nous, 100 $ c’est quoi 100 $?» 

Nous avons montré ces images au psychologue Gilles Vachon.   

«Je trouve ça d'une tristesse infinie, dit-il. Posez-vous la question: si tout le monde savait comment je me comporte en ce moment, est-ce que ce serait défendable? Est-ce que je serais capable de me regarder dans le miroir?»  

Comme Amazon, Kijiji intervient depuis vendredi dernier auprès de ce genre d’annonceurs. Jusqu’ici, quelques milliers d’annonces ont été bloquées et supprimées.  

L’entreprise dit être vigilante.   

«Les gens essayaient d’exploiter la situation, de tirer avantage de la situation. C’est un effort continu», explique le directeur des relations avec la communauté, Kent Sikstrom.