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Ne faites pas le saut si vous voyez ce chauffeur de taxi à l’aéroport

Cédrik Caron | Le Journal de Montréal

Le chauffeur de taxi Michel Sweidan, qui travaille à l’aéroport Montréal-Trudeau, attendait ses prochains clients mercredi, vêtu de la combinaison qu’il s’est achetée pour tenter de se protéger contre la pandémie du coronavirus.

Photo Cédérick Caron

Le chauffeur de taxi Michel Sweidan, qui travaille à l’aéroport Montréal-Trudeau, attendait ses prochains clients mercredi, vêtu de la combinaison qu’il s’est achetée pour tenter de se protéger contre la pandémie du coronavirus.

Des chauffeurs de taxi qui travaillent à l’aéroport craignent la pandémie et tentent de se protéger du mieux qu’ils le peuvent des voyageurs qui débarquent à Montréal.   

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« Je n’ai pas peur du client. J’ai peur du coronavirus qu’il pourrait me transmettre sans le savoir s’il [le client] n’a aucun symptôme », explique Michel Sweidan qui conduit des taxis depuis 10 ans à Montréal.   

Lorsqu’on monte dans sa voiture, impossible de ne pas sursauter.    

Vêtu d’une combinaison « une pièce » blanche avec capuchon, d’un masque, de gants et de lunettes de sécurité, il accueille ses clients avec un sourire qui n’est perceptible que dans sa voix.    

« Ça m’a coûté 67 $ pour l’ensemble de l’équipement », précise celui qui portait pour la première fois sa combinaison mardi.   

« Si je m’habille comme ça, c’est pour protéger aussi mes clients ainsi que mes enfants et ma femme qui m’accueillent toujours avec un câlin quand je rentre à la maison. En stationnant mon taxi en fin de journée, j’enlève ma combinaison », poursuit M. Sweindan, qui dit qu’au moins un collègue est allé acheter une combinaison comme la sienne.   

D’autres portent gants et masques.   

Nettoyer entre chaque course  

Depuis la semaine dernière, le gouvernement du Québec recommande aux voyageurs de s’isoler pendant 14 jours à leur retour au Canada afin de s’assurer qu’ils ne sont pas atteints de la COVID-19. Mardi encore, toutes les personnes souffrant de la maladie dans la province l’avaient contractée à l’étranger.   

Le Bureau du taxi de Montréal (BTM) confirme avoir fait quelques recommandations sanitaires aux chauffeurs et aux propriétaires des compagnies de taxis.   

« On leur a recommandé d’avoir du savon ou un gel antiseptique avec eux pour se laver régulièrement les mains et de nettoyer plusieurs fois par jour leur voiture surtout les zones touchées par les clients et chauffeurs », explique la chargée de communication du BTM, Marianne Bourque.   

« Dès qu’un client descend, je vaporise les sièges avec du Lysol et je lave toutes les surfaces avec des lingettes », soutient M. Sweidan.   

Prudence et distance  

St-Armand Louis-Charles conduit des taxis depuis 28 ans et c’est la première fois qu’il voit une telle situation. Il respecte le droit de son collègue Michel Sweidan de revêtir une combinaison, mais lui, il ne le ferait pas.   

« Je crois qu’il faut être prudent, et nos clients comprennent qu’on garde une certaine distance. C’est préoccupant ce qui se passe », indique M. Louis-Charles.   

« Je porte mes gants tout le temps et je désinfecte la voiture, j’espère ne rien attraper », a lancé Lahouari Boukram en se dépêchant d’aider des clients à monter dans sa voiture.   

Avec la fermeture des frontières, les chauffeurs de taxi s’attendent à un ralentissement des activités à l’aéroport Montréal-Trudeau. Déjà mardi, la journée était plus tranquille qu’à l’habitude.