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Patrons et employés hésitent entre heures réduites et mises à pied

Philippe Orfali | Journal de Montréal

Dans des milliers de commerces, dont des quincailleries, on jauge les diverses options, explique le PDG de l’AQMAT, Richard Darveau.

Photo Pierre-Paul Poulin

Dans des milliers de commerces, dont des quincailleries, on jauge les diverses options, explique le PDG de l’AQMAT, Richard Darveau.

Nageant en pleine incertitude, bien des employeurs hésitent à l’heure actuelle entre la réduction des heures de leurs employés ou leur mise à pied, temporaire ou permanente.  

Les unes après les autres, de nombreuses chaînes de magasins, dont La Baie, Simons, et Reitmans, hier (voir texte en page 27), ont annoncé des fermetures temporaires.   

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Si certaines des plus grandes ont promis de continuer à payer leurs employés, comme le groupe Aldo, par exemple, d’autres ne le feront pas.   

Dans d’autres cas, on a prévu de réduire les heures d’ouverture du magasin, et de diminuer le nombre d’employés présents.   

Le dilemme reste entier dans plusieurs commerces non « essentiels », comme ceux de vêtements ou encore les quincailleries.  

« Pour nous, avril-mai-juin, ça représente la moitié de notre chiffre d’affaires de l’année. Nos quincailleries nous appellent à tour de rôle depuis une semaine. Ce n’est pas simple pour l’employeur ni pour l’employé. Si je réduis ses heures de travail, qui va compenser sa perte de revenus ? S’il est mis à pied, il peut toucher l’assurance-emploi dès le jour même », résume Richard Darveau, le PDG de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT).  

Les employés eux-mêmes vivent ce même déchirement.  

« Honnêtement, c’est tellement mort et stressant d’être au magasin, je préférerais presque être mis à pied de façon temporaire. Au moins, comme ça, je saurais à quoi m’en tenir », a indiqué au Journal une employée d’une boutique du centre-ville de Montréal.   

Aide  

La semaine dernière, Ottawa a annoncé qu’il éliminait la semaine d’attente obligatoire pour recevoir des prestations d’assurance-emploi. En d’autres mots, les travailleurs mis à pied peuvent toucher certaines sommes dès le premier jour de « chômage ».   

D’autres programmes d’aide pour les travailleurs sont attendus aujourd’hui et au cours des prochains jours de la part des gouvernements du Canada et du Québec.  

Plusieurs employés et employeurs pourraient donc y voir un peu plus clair sous peu.   

Inquiétudes  

D’autres n’auront pas ce luxe. C’est le cas d’Adrien (nom fictif), qui travaille dans la boutique en ligne d’une confiserie, mis à pied hier.  

« Comme il s’agit d’e-commerce, je me sentais un peu à l’abri. On pensait peut-être que les gens achèteraient plus en ligne même si les magasins étaient fermés, à cause de l’isolement chez soi. Mais les patrons nous ont mis à pied de façon temporaire, tous les départements de l’entreprise sont touchés. »   

Il s’inquiète pour la suite.   

« J’imagine que ça ne durera pas, mais c’est stressant, surtout à cause du manque de communication. »  

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