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Une étape de questionnements pour les coachs de «La Voix»

Samuel Pradier | Agence QMI

COURTOISIE OSA IMAGES ET TVA

L'étape des duels à «La Voix» demande beaucoup de travail aux coachs. Non seulement ils doivent créer des paires en jumelant deux candidats de leur équipe, mais ils doivent trouver la bonne chanson qui va permettre aux deux chanteurs de chaque duel de performer à son meilleur.

Cette phase est délicate car, au terme de la cette portion de la compétition, chaque coach doit se séparer de presque la moitié de son équipe. Cœur de pirate, Marc Dupré et Pierre Lapointe nous parlent de leur expérience.

Pierre Lapointe: des candidats au défi

Comment choisissez-vous les chansons pour les duels?

Pour faire un choix éclairé, il faut trouver une chanson qui va mettre en valeur les deux participants et qui va leur permettre de faire un bon numéro.

Quelles contraintes souhaitez-vous imposer à vos candidats?

Cette année, j'ai décidé de mettre au défi les participants avec des mélodies assez complexes pour qu'ils soient en position de faiblesse, et pour voir comment ils retombent sur leurs pattes. Ce métier demande une grande capacité d'adaptation et, à mon avis, c'est une bonne façon de les tester, de voir comment ils réagissent en situation de stress extrême. Ça les prépare au métier, et plus particulièrement aux directs. C'est aussi une façon de voire comment ils réagissent avec les autres participants. On fait un métier où on doit toujours travailler en équipe. C'est bien de voir les participants stressés qui restent ouverts aux autres. 

Comment réagissez-vous quand un candidat n’est pas à l’aise avec la chanson?

Normalement, les participants sont assez ouverts et se laissent guider par leur coach. L'étape de duels, c'est un exercice, et c'est normal de sortir de sa zone de confort. Il faut voir ça comme un grand jeu où on essaie de nouvelles choses, et non comme une suite d'épreuves. Ça fait partie du plaisir de participer à «La Voix». Quelquefois, on se sent inconfortable, mais en travaillant, en jouant avec les éléments imposés, on termine souvent en étant surpris par le résultat. C'est dans ces conditions qu'on apprend rapidement.

Comment arrivez-vous à mettre le doigt sur les faiblesses, tout en donnant confiance aux candidats?

Je crois que c'est toujours mieux de nommer les éléments moins forts sans détour. Avoir des choses qu'on maîtrise moins bien, ce n'est pas grave, tout le monde en a. Mais il faut les nommer pour les améliorer ou jouer avec elles. À partir du moment où on voit une "faiblesse" comme un "élément qui nous qualifie", on est déjà dans le jeu. Pour être un bon chanteur, il faut savoir jouer avec ce qu'on est naturellement.

Cœur de pirate, une coach instinctive

Comment choisissez-vous les chansons en fonction des duels?

J’ai choisi des chansons qui pourraient représenter quelque chose de difficile pour eux. Je voulais voir si la personne est capable de chanter n’importe quoi sans problème. 

Quelles contraintes souhaitez-vous imposer à vos candidats?

Je n’avais pas vraiment de contrainte. Je pense que je veux juste faire ressortir le meilleur d’eux. Je ne veux pas les changer, je fais plus de la direction artistique qu’autre chose.

Comment réagissez-vous quand un candidat n’est pas à l’aise avec la chanson?

Ce n’est pas arrivé jusqu’à maintenant parce que j’ai bien fait mes duos! Mais si des chanteurs sont stressés par le choix de la chanson j’ai tendance à les rassurer, tout simplement.

Comment arrivez-vous à mettre le doigt sur les faiblesses, tout en donnant confiance aux candidats?

Il n’y a pas vraiment de règle, j’y vais à l’instinct. Je pense qu’on ne peut pas prévoir comment les gens vont réagir aux chansons, mais honnêtement, j’ai des artistes incroyables dans mon équipe et ils m’ont écouté à chaque fois.

Quel plaisir trouvez-vous dans le travail de coaching, et auriez-vous aimé que quelqu’un le fasse pour vous à vos débuts?

J’aime beaucoup l’approche de pédagogie que je peux faire, et je suis contente qu’on accepte mes conseils de cette façon. Je n’aurais pas aimé ça au début, parce que j’étais trop dans mes affaires. Aujourd’hui, par contre, je prends les conseils des autres coachs pour moi!

Marc Dupré: une implication totale

Comment choisissez-vous les chansons en fonction des duels?

J’essaie d’abord de faire le jumelage entre les candidats, choisir les deux personnes qui vont pouvoir faire un bon numéro, mais qui vont aussi pouvoir briller ensemble. En fait, j’essaie de garder le plus de mes candidats dans la compétition, c’est la manière dont je pense. Bien entendu, je pense aussi sans cesse à des idées de chansons, mais il m’arrive souvent de changer en cours de route. Le processus est très rapide, on ne connaît pas vraiment bien les candidats, ils ont chanté seulement une fois devant nous. Je cherche toujours des chansons qui vont permettre aux deux de se battre à armes égales.

Quelles contraintes souhaitez-vous imposer à vos candidats?

Je n’ai pas peur d’imposer des défis à des gens, comme aller dans un autre style musical, par exemple, mais je vais toujours m’assurer qu’ils sont capables d’y aller. Il faut que je fasse ma job de coach, en trouvant notamment une façon de les mettre en confiance et de les accompagner. Souvent, les candidats vont se comparer, ce qui va engendrer des questionnements et des doutes, mais je vais toujours essayer de trouver une façon pour que les deux se sentent bien et qu’ils soient à l’aise pour faire le numéro.

Comment arrivez-vous à mettre le doigt sur les faiblesses, tout en donnant confiance aux candidats?

J’essaie de travailler sur les qualités. Quand quelqu’un a des faiblesses, j’essaie de remplacer ce bout-là par quelque chose dans lequel il est bon. Surtout durant la phase des duels, je vais me concentrer sur ce que j’aime dans sa façon de chanter. Ça prend un peu de pédagogie, J’essaie de les amener vers le haut, je prends ce qu’ils ont de meilleurs pour le mettre en avant. C’est aussi pour cela que je change souvent des choses en cours de route, car on travaille d’abord et avant tout pour que le numéro soit bon au final. Je veux que les deux candidats soient contents du travail qu’on a fait ensemble, c’est ma base.

Quel plaisir trouvez-vous dans le travail de coaching, et auriez-vous aimé que quelqu’un le fasse pour vous à vos débuts?

J’adore ça. Dans mon métier, ce que j’aime le plus, c’est la création. On créé des numéros ensemble, on se surprend. Parfois, j’ai peur, ça ne va pas bien, mais il y a quelque chose qui arrive et ça fonctionne. On vit de grands moments. Au-delà de la musique, une partie de mon travail est aussi que le show soit bon, que les gens aiment ça, et que les candidats brillent. J’aime ça et je prends tout ça très au sérieux. De mon côté, j’ai été entouré par les gens de l’équipe de Céline et René, mais c’était plus tard. Plus jeune, j’étais plutôt dans ma bulle, je faisais mes affaires tout seul. J’étais très autocritique sur ce que je faisais.

À noter que Garou est actuellement retenu à l’extérieur du pays.