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La fermeture des derniers lieux publics en attriste plusieurs

Les habitués des cafés et des centres commerciaux ont ressenti un gros pincement au cœur dimanche quand ils ont appris que le gouvernement Legault avait décrété la fermeture de ces endroits pour contrer la pandémie de coronavirus.

«Ce n’est pas vrai! On exagère là. Qu’est-ce qu’on va faire?», s’est emporté Christina Soto lorsqu’on lui a annoncé la nouvelle.

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Clouée à son fauteuil roulant, elle avait peine à croire que le café qu’elle buvait serait son dernier avant un bout, elle qui vient presque tous les jours à la Brûlerie Urbaine, sur le chemin de la Côte-des-Neiges, pour chasser l’ennui.

À la table voisine, Gérard Hubert a aussi eu un choc quand on l’a informé de la décision des autorités.

«Je vais dans des cafés presque tous les jours après le travail pour lire et rencontrer des gens. Maintenant, on n’aura d’autre choix que de faire du Netflix, on dirait bien», s’est-il désolé, bien qu’il appréhendait cette mesure.

Les clients désertaient déjà

Les clients inconditionnels, comme Gérard Hubert et Christina Soto, se faisaient déjà rares depuis une semaine. Il faut dire que la plupart des cafés et restos avaient déjà rangé les chaises et les tables, avant même qu’ils en soient tenus par le gouvernement Legault.

«Notre chiffre d’affaires a chuté de 90 % en une semaine», a illustré Karim Ouertani, propriétaire du Caravane Café, un lieu de prédilection des étudiants, près de l’Université de Montréal.

Pour survivre le temps de la crise du coronavirus, le jeune entrepreneur songe maintenant à se recycler dans le «take-out», car dorénavant seules les commandes de plat et de breuvage sont autorisées.

Coiffeuses et centres commerciaux fermés aussi

Outre les salles à manger, le gouvernement du Québec a aussi forcé la fermeture des centres commerciaux pour lundi. À noter que dans les centres d'achat, les épiceries, les pharmacies et les boutiques de la SAQ pourront demeurer ouvertes, de même que les commerces disposant d'une porte extérieure, comme c'est le cas pour les boutiques sur rue.

Pour Camara Siriki et ses amis, qui avaient pour routine de se rencontrer chaque matin à la Plaza Côte-des-Neiges avant le travail, ce ne sera pas facile, mais c’est la chose à faire, croient-ils.

«On va faire ce qu’il faut. On va se parler sur Skype», a poursuivi M. Siriki, qui essaie de garder le sourire, même si la Plaza ressemblait déjà à un centre commercial fantôme lors du passage de l’Agence QMI.

C’est que la majorité des boutiques avaient déjà mis la clé à la porte dans la dernière semaine. Il n’y a donc pas eu de ruée des consommateurs dimanche après-midi, avant que la mesure ne s’applique.

Les salons de coiffure, qui ont aussi reçu l’ordre de mettre fin à leurs activités pour lundi matin, n’ont pas non plus enregistré un regain d’achalandage après la conférence de presse du premier ministre.

«Je n’ai vu personne aujourd’hui. Ça fait une semaine qu’il n’y a personne», a résumé la coiffeuse Susan Lii, dont le commerce était le seul ouvert dimanche parmi la dizaine de salons croisés lors de la tournée de l’Agence QMI.