/news/tele

«C’est comme un film de science-fiction!»

Marie-Josée R. Roy | Agence QMI

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Patrice Godin manque de mots devant pareille «synchronicité». «Survivalistes», la série qu’il anime à MOI ET CIE, est entrée en ondes moins d’un mois avant que la pandémie de COVID-19 n’ébranle le Québec et le monde entier. Le docu-réalité expose comment des gens se préparent à l’éventualité de grandes catastrophes.

• À lire aussi: Deux costauds docu-réalités débarquent sur MOI ET CIE

«Vraiment, on ne s’attendait pas à ça», s’exclame l’acteur, visiblement dépassé par les événements.

Dans «Survivalistes», on voit des gens planifier jusque dans le moindre détail les moyens qui leur permettront de survivre en cas de dérèglement de la nature ou autre désastre.

Dès le premier épisode, Patrice Godin pose la question: de tels comportements ne relèvent-ils pas un tantinet de la paranoïa? Il réitère en entrevue qu’il trouvait un peu «déconnecté de la réalité» un certain Bruce qu’il a interviewé et qui est allé jusqu’à construire des bunkers sous terre pour se protéger, au cas où. Depuis, Patrice Godin a quelque peu révisé sa position.

«Maintenant, quand on regarde ce qui se passe, oui, on se dit que c’est exagéré, mais en même temps, non. Parce qu’on a les deux pieds dedans, et jusqu’au cou!», souligne-t-il.

«Moi, la chose à laquelle j’aurais pu me préparer, c’est plus des pannes d’électricité majeures, comme on a pu connaître au verglas (en 1998, NDLR). Des pannes qui durent deux ou trois jours. Mais une pandémie de cette envergure-là... On en parlait, mais ça sonne tellement comme un film de science-fiction! On se disait que c’est un peu comme une bombe nucléaire ou une invasion de zombies. Mais, finalement, non.»

Pertinent

Patrice Godin avoue ne pas aimer le terme «survivaliste» et le côté «fin du monde et apocalypse de zombies» qu’il sous-tend, illustre-t-il. Mais il décèle une pertinence au fait «d’être prêt à subvenir à [nos] besoins quand il se passe quelque chose qui sort de l’ordinaire, quand il y a un "bris de normalité"». Après tout, les personnes qu’il a interviewées n’espèrent pas un drame pour justifier leurs actions : elles se préparent, font des réserves et reviennent à un mode de vie plus ancien, plus connecté à la nature, mais sont tout à fait saines, assure-t-il.

«Je trouve important d’être capable de prendre soin de nous et notre famille et d’étendre ça à nos amis, si besoin est. On a vu ce que ça donne, quand les gens paniquent et se "garrochent" à l’épicerie pour s’équiper de papier de toilette, ce qui est assez amusant... C’est drôle et pas drôle en même temps!», s’esclaffe Patrice Godin, qui espère une deuxième saison de «Survivalistes», qui découlerait des conséquences entraînées par la vague de COVID-19.

«Pour jeter un regard nouveau et voir quel impact ça aura eu sur les gens», précise-t-il.

Écriture

Les épisodes de «Survivalistes» étant déjà tous en boîte, et le tournage de la troisième saison d’«Une autre histoire» – qui devait débuter fin avril – étant reporté à une date indéterminée, au même titre que le début d’un autre projet que Patrice Godin doit pour l’instant garder secret, ce dernier a présentement beaucoup de temps pour plancher sur l’écriture de la suite de son roman «Sauvage, baby».

«On a tous un peu le bec à l’eau», image le comédien et auteur, qui dit s’en faire pour le sort de son industrie, mais qui craint aussi pour les milieux du tourisme, du commerce et de la restauration, qui seront tous gravement atteints par la crise que nous vivons présentement. Il se réjouit néanmoins du leadership «beau à voir» de François Legault et son équipe dans les circonstances, même s’il peine à conserver sa sérénité.

«On dirait que ma faculté de création est un petit peu engourdie, un peu dans le brouillard, à cause de tout ce qui se passe. Je suis quelqu’un de très discipliné quand vient le temps d’écrire ; je me lève à 4 h du matin, et je le fais encore, mais mon réflexe est d’aller sur les réseaux sociaux et de lire les nouvelles. Ça ne finit pas, c’est constamment, c’est partout, il y a du nouveau en seulement quelques heures...», constate le papa de trois filles qui étudient au primaire, au secondaire et au cégep, et qui sont évidemment confinées à la maison.

«Survivalistes», mercredi, à 19 h 30, à MOI ET CIE.