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Cri du cœur pour des soins à domicile

TVA Nouvelles

Les gens qui ont besoin quotidiennement de soins à domicile se retrouvent dans des situations extrêmement difficiles avec la pandémie de COVID-19.

C’est notamment le cas de Sylvie Cayer, atteinte de sclérose en plaques et qui passe 22 heures par jour alitée.

Avec son chèque d’emploi-service, elle a le droit à 39 heures de soins à domicile par semaine.

Or depuis le début de l’épidémie, une seule auxiliaire ose encore se rendre chez elle, de 13h à 16h du lundi au vendredi.

«Depuis vendredi, je suis dans mon lit. Ça n'a aucun bon sens! Comment on peut souffrir, quand on souffre d'une sclérose en plaques et qu'on a besoin d'aller à la salle de bains? J'ai besoin d'aide», lance-t-elle en entrevue à TVA Nouvelles.

Son père de 85 ans tente de lui venir en aide à ses risques et périls. 

Michel Houle, lui, doit redoubler d’efforts pour prendre soin de son épouse qui est totalement dépendante en raison de graves problèmes cognitifs.

Lui et son fils ont appris dans les derniers jours une mauvaise nouvelle de la part du CLSC.

«On recevait environ 15 heures de service. On nous a coupé plus que la moitié des services», fait savoir Jean-François Houle, aidant naturel et vice-président du Syndicat des travailleurs du CISSS de Laval.

Comme sa sœur et lui travaillent dans des services essentiels, ils ne peuvent aider leurs parents comme ils le voudraient.

«Ce qui nous inquiète pour le moment, c'est qu'on se dit qu'on est en début de la gestion de la crise et on coupe déjà des services. Qu'est-ce que ça va être lorsque la crise va arriver à son pic?»

De leur côté, les auxiliaires familiales sont inquiètes. On ne leur donne pas les moyens de protection.

«Les gants, le stérigel, on ne peut pas se laver les mains partout où on va. Des fois, il n'y a même pas de savon dans les domiciles. Donc, oui, ça nous prend de l'équipement, et là, ce qu'on fait, c'est qu'on nous rationne», explique Nathalie Bourque de l’AAFQ . 

«Il y a eu un communiqué à travers les établissements publics à l'effet que l'uniforme doit être retiré avant de sortir. Nous, à domicile, on travaille avec notre linge de tous les jours.»

À Montréal, des auxiliaires ont dû se rendre à domicile sans savoir qu'une des personnes en contact avec leur patiente et résidant dans la même maison, avait été testée positive au COVID-19.