/news/coronavirus

La criminalité pourrait baisser avec la pandémie

Eric Thibault | Journal de Montréal

FD-MEURTRE-VIEUX-MONTREAL

Photo Agence QMI, Pascal Girard

La crise de la COVID-19 pourrait entraîner une rare conséquence positive, alors qu’une baisse marquée de la criminalité est à prévoir durant cette pandémie, à Montréal et ailleurs au Québec. 

« Un tel contexte peut faire ressortir le meilleur et le pire dans notre société. Mais on va espérer que ce soit surtout le meilleur », a avancé Michèle Goyette, la présidente de l’Ordre professionnel des criminologues du Québec. 

Pendant la fameuse crise du verglas qui a frappé le Québec à l’hiver 1998, les forces policières ont estimé que le taux de criminalité avait chuté de 60 % par rapport à la même période en 1997. 

Les vols par effraction, des délits avec violence, comme les voies de fait et les vols de véhicules, avaient alors considérablement diminué. 

De la même façon, la consigne de confinement à domicile transmise par le gouvernement Legault pour minimiser les risques de propagation du virus devrait inciter les cambrioleurs à prendre congé. 

En Belgique, où la police peut coller une amende de près de 500 euros – près de 775 $ canadiens – à toute personne qui enfreint le confinement obligatoire, les autorités rapportent déjà des baisses de 30 % des cambriolages et de 50 % des accidents de la route. 

Moins de meurtres  

Depuis le début du mois, les corps de police du Québec n’ont jusqu’à maintenant rapporté que deux meurtres : celui d’un homme de 53 ans à Shawinigan, le 10 mars, dont quatre personnes ont été accusées, ainsi qu’une fusillade qui a fait un mort dans le Vieux-Montréal, dimanche dernier. 

C’est bien inférieur à la moyenne de sept meurtres par mois qu’on a enregistrée au Québec pour les trois années comprises entre 2017 et 2019. 

On sait que les contrecoups de la crise du coronavirus sur l’économie québécoise sont déjà très importants, alors que les pertes d’emplois se comptent par milliers. Cela pourrait aussi avoir un impact sur le nombre d’homicides. 

Au cours du dernier siècle, tant au Canada qu’aux États-Unis, les taux d’homicide ont « fortement » reculé pour connaître des creux historiques pendant la crise économique et la dure récession des années 30 et 40, a relevé, dans l’un de ses ouvrages, le professeur en criminologie Maurice Cusson de l’Université de Montréal. 

Protection maintenue 

Certains types de crimes suivront toutefois la trajectoire inverse. 

L’inspecteur Richard Gauthier de la Sûreté du Québec rappelait, cette semaine, que les fraudeurs profiteront de la peur des gens durant la pandémie pour tenter de commettre des arnaques informatiques ou bancaires et des vols d’identités.   

Le directeur de la police de Laval, Pierre Brochet, a dit au Journal s’inquiéter d’une recrudescence de cas de violence conjugale ou de conflits reliés au confinement à domicile. 

La criminologue Michèle Goyette a ajouté que les enfants victimes d’abus ou de négligence ne peuvent plus être repérés à l’école ou à la garderie, fermées en raison de la COVID-19. 

« Mais ce qu’on voit sur le terrain, c’est que les gens qui doivent protéger la population sont là. Ils sont prêts à assurer les services d’urgence et la sécurité publique. Tous les moyens sont en place pour ce faire et c’est rassurant », a-t-elle fait remarquer. 

Dans la même catégorie