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2000 employés temporaires mis à pied à Québec

Stéphanie Martin | Journal de Québec

La Ville de Québec est forcée de mettre à pied 2000 employés temporaires en raison des mesures exceptionnelles pour contrer la pandémie de COVID-19 qui frappent de plein fouet l’économie.  

La Ville de Québec est forcée de mettre à pied 2000 employés temporaires, ce qui représente le quart de son effectif, en raison des mesures exceptionnelles pour contrer la pandémie de COVID-19 qui frappent de plein fouet l’économie. Photo Simon Clark 

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a tenu son premier point de presse depuis près d’une semaine mardi. Il a justifié ce geste inédit par la «non-nécessité» et par l’«équité envers nos concitoyens qui ont perdu leur emploi». 

«Ce sont des mesures drastiques, mais comme maire et comme Ville, on ne pouvait pas continuer de payer et garder à notre emploi des gens pour lesquels on n’a pas de travail», a-t-il affirmé. 

Il s'agit de personnel qui travaille sur les plateaux aquatiques, à ExpoCité, au Centre de foires, aux loisirs, ainsi que des cols blancs, des cols bleus et des professionnels. Tous avaient un statut non régulier. Certains travaillaient quelques heures par semaine, d'autres à temps plein.  

La Ville de Québec a procédé à la mise à pied de 1600 d'entre eux la semaine dernière et de 400 autres mardi. Ils représentent 27% du total des employés de la Ville. L'avenir est incertain pour eux: «On espère les réembaucher quand on remettra en place les services de la Ville.» 

La quasi-totalité des 5300 employés permanents qui restent sont au travail, dont le quart en télétravail, a annoncé le maire. En tout, 3200 employés sont en poste pour assurer les services essentiels et 275 sont en disponibilité ou sur appel, 340 sont en confinement. 

Pression sur les finances 

La situation actuelle met une pression énorme sur les finances de la Ville, a reconnu le maire. Sans chiffrer les pertes potentielles, il a ciblé les postes de revenus en baisse: Réseau de transport de la capitale, Centre de foires, ExpoCité, droits de mutation, etc.  

«Le budget va changer, des revenus seront en diminution. Il faut penser à équilibrer le budget, qui est actuellement en déséquilibre», a soumis le maire. M. Labeaume assure que Québec est à la recherche de solutions, qui passeront par une discussion avec le gouvernement. Mais cela devra attendre. «Le PM est en train de tenter de sauver des vies. On pense que ce n’est pas le moment.» 

Chantiers en suspens 

Si le maire croit toujours que la relance passe par les infrastructures et les grands projets, il est incapable pour l'instant de dire que les grands chantiers déjà en cours à Québec ne connaîtront pas de retard. On pense au réseau structurant, au Centre de glaces, à la bibliothèque Gabrielle-Roy, au Centre Saint-Roch. «Personne n'a dit qu'il n'y aurait pas de retard», a-t-il commenté, convenant que personne n'a de réponse à l'heure actuelle.  

«La chaîne d'approvisionnement est disloquée», dit-il. «Il n'y a pas de garantie qu'on va avoir des soumissions.» Les entreprises et les villes ne savent pas quel sera le prix des matériaux dans les prochaines semaines, note-t-il. 

Les grands chantiers routiers comme celui d'Hochelaga et celui de la route de l'Église qui devaient débuter au printemps sont tous analysés en ce moment et la municipalité tente de voir lesquels elle devra repousser.  

Le maire a cependant assuré que la totalité des employés du bureau de projet du réseau structurant sont toujours à l'oeuvre, en télétravail. 

Pour limiter les risques de propagation de la COVID-19, la Ville a changé ses méthodes. La conférence a été diffusée en direct sur le compte Twitter de la municipalité et les journalistes pouvaient y assister à distance et poser leurs questions par conférence téléphonique.