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Des robots servant en génomique forestière pour dépister la COVID-19

Pierre-Paul Biron | Journal de Québec

Photo Pierre-Paul Biron

Le Centre de foresterie du Canada permettra d’accélérer le rythme d’analyses des tests de dépistage de la COVID-19 en prêtant au réseau de la santé trois appareils qui servent normalement à l’identification d’insectes ravageurs pour nos forêts.  

Les trois robots du Centre de foresterie des Laurentides, organisme relevant du ministère des Ressources naturelles du Canada, seront déployés dans la Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches et en Mauricie. 

 

Servant notamment à extraire le génome de parasites pouvant créer des épidémies dommageables pour les forêts du pays, ils serviront pour les prochaines semaines à détecter le virus responsable de la pandémie mondiale.  

Les appareils sont les mêmes que ceux utilisés dans les hôpitaux de grande taille et ils permettront d’augmenter le nombre de tests réalisés par les centres hospitaliers.  

«Normalement, les hôpitaux n’ont pas besoin de faire des tests à grande échelle, donc la préparation des échantillons se fait manuellement. Dans le contexte de grand volume actuel, nos équipements permettront d’automatiser la préparation des échantillons avant de les envoyer dans la machine qui réalise le test», explique Dominic St-Pierre, directeur général du Centre de Foresterie des Laurentides.  

Réponse rapide  

L’idée est venue aux chercheurs de l’organisation lundi dernier, lorsqu’une mesure leur imposant le télétravail leur a été annoncée. Limitant l’accès aux laboratoires, la directive rendait disponible l’équipement.  

«On a contacté le ministère le 17 mars en soirée et j’avais des réponses par courriel le soir même. Le lendemain matin à 8h, on était en conférence pour voir comment coordonner le tout», raconte M. St-Pierre.

Une semaine plus tard, le déménagement des appareils s’est mis en branle, si bien que les trois robots devraient être mis en fonction d’ici mercredi dans les trois centres hospitaliers visés.  

«On devait aussi former les employés des hôpitaux, qui même s’ils connaissaient le principe de base, ne connaissaient pas le fonctionnement complet de l’appareil. Ils sont donc venus dans nos labos et des techniciens, ainsi que des biologistes d’ici les ont formés», souligne le directeur général du centre.  

Des outils de plastique à usage unique servant aux tests ont également été fournis dans l’entente entre le ministère de la Santé et Ressources Naturelles Canada.  

«Ça en prend une grande quantité pour les tests et on sait qu’une pénurie s’en vient dans les prochaines semaines. Nous en avions des réserves, donc on a envoyé l’appareil et un lot de consommables», ajoute M. St-Pierre.  

Effet d’entrainement  

La direction du Centre de foresterie des Laurentides espère maintenant que son initiative fasse boule de neige et incite d’autres laboratoires du pays à se mettre à la disposition du gouvernement. Parce que les besoins sont là et surtout, sont urgents.  

«Le temps est notre plus grand ennemi. Plus vite on connaît l’ampleur de la pandémie, plus vite on sera en mesure d’agir», rappelle Dominic St-Pierre, invitant les scientifiques de tous les domaines à évaluer ce qu’ils peuvent offrir pour aider à l’effort de crise.  

«J’espère que ça va donner l’idée à d’autres centres de recherches à travers le Canada, qu’ils soient publics ou privés, de mettre à la disposition des agences de santé publique provinciales leurs appareils inutilisés qui pourraient appuyer la détection de la COVID-19», souhaite le directeur du Centre de foresterie des Laurentides.   

Les trois appareils prêtés par Ressources naturelles Canada au réseau de la santé  

RobotQIAcube – servant à l’extraction d’acides nucléiques (ARN) - CIUSSSS-Mauricie et CISSSS-Chaudière-Appalaches   

  

Qiagen QIAgility - L’utilisation de cet appareil permet l’automatisation d’étapes qui autrement doivent être faites manuellement. - CHU-Université Laval  

Roche LightCycler LC480 II - Cet appareil est utilisé pour amplifier et détecter le matériel génétique du virus dans les spécimens cliniques. - CHU-Université Laval