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La police doit convaincre plutôt que contraindre, dit la ministre Guilbault

Myriam Lefebvre

Simon Clark/Agence QMI

La vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault maintient que le mandat des corps policiers reste pour l’instant le même, et qu’ils doivent miser sur la collaboration plutôt que la force pour disperser les rassemblements.

«Les corps policiers sont en mode prévention [...] On n’en est pas à les [les réfractaires qui se rassemblent] emprisonner. Il ne faut pas faire peur aux gens», a assuré la vice-première ministre à QUB radio mardi matin.

Si les rassemblements intérieurs et extérieurs sont interdits depuis vendredi dernier, Mme Guilbault demande le bon jugement des citoyens pour dénoncer les regroupements évidents qui transgressent les règles de santé publique en vigueur et qui n’ont pas à trait aux services essentiels, comme les mariages, les fêtes, les encans et les sports d’équipe dans les parcs.

«Les gens s’exposent à ce que quelqu’un fasse un signalement et à recevoir une visite de la police ultimement», a-t-elle indiqué.

Quelques exceptions à la règle

La ministre a par ailleurs tenu à rappeler certaines exceptions qui permettent une dérogation à la contrainte d’attroupements.

Ainsi, les gens qui habitent dans une même résidence privée, les transports collectifs et les personnes se rendant chez quelqu’un requérant du soutien (proches aidants, personnel médical à domicile, etc.) peuvent se rassembler.

«Seulement les entreprises considérées comme des services essentiels peuvent continuer de fonctionner et d’avoir des gens qui vont travailler sur ces lieux de travail là», a-t-elle ajouté, et ce en gardant la norme de distanciation sociale de deux mètres.

La ministre de la Sécurité publique a réitéré l’importance de ces mesures, qu’elle juge elle-même «costaudes». «On est entre des décisions qui font la différence entre la vie et la mort [...] Plus on va se restreindre rapidement, plus on a de chances que ça dure le moins longtemps possible et de retrouver une vie normale», a-t-elle soutenu.

La ministre ne peut s’expliquer, à ce stade-ci de la crise au Québec, que certaines personnes n’aient pas encore compris l’importance du confinement. «Il faut rester chez soi à moins d’un déplacement essentiel, à moins de travailler dans des services essentiels ou à moins de devoir consulter pour des symptômes», a-t-elle reformulé.

Des mesures sanitaires à même les corps policiers

Les corps policiers se sont aussi prémunis d’équipements pour faire des interventions auprès des personnes symptomatiques de la COVID-19. Dans les prisons, des mesures ont été prises pour placer les détenus permanents en isolement complet.

Pour des détenus qui terminent leur peine en prison de façon discontinue, ceux-ci peuvent désormais faire leur peine à la maison, sous surveillance, «pour éviter du va-et-vient dans les centres de détention», a mentionné la ministre.

Par ailleurs, deux policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qui revenaient de voyage sont infectés par le coronavirus. Cent membres du SPVM sont présentement en isolement volontaire et cent autres ont été soumis à des tests de dépistage de la COVID-19.