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Arrêt forcé de la production: Bombardier donne raison aux Machinistes

Martin Jolicoeur | Journal de Montréal

Photo Agence QMI, Dominick Gravel

Les Machinistes se réjouissent d’être parvenus à faire reculer Bombardier dans le cadre de l’arrêt forcé de ses activités de production plus tôt cette semaine. 

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Se conformant à l’appel du gouvernement du Québec de cesser toute activité jugée non-essentielle, Bombardier a mis à pied ce mardi quelques 9 100 travailleurs sur les 12 600 qu’elle comptait au Québec au début de la semaine. 

Or, contrairement à l’européenne Airbus qui a su maintenir un lien d’emploi avec ses travailleurs en arrêt, Bombardier a plutôt choisi de procéder au moyen de mises à pied, sans plus de soutien que celui offert par le régime d’assurance-emploi. 

Le hic, est qu’en procédant à ces mises à pied temporaires, un geste tout à fait légal dans les circonstances, la direction de Bombardier souhaitait de ses syndiqués qu’ils renoncent à leurs vacances en acceptant d’encaisser leur remboursement. 

Décision revue 

«Il n’y a pas de mal à procéder ainsi lors de mises à pied permanentes, reconnaît Éric Rancourt, agent d’affaires de la section 712 de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale (AIMTA). Mais dans le cas d’une mise à pied temporaire, la loi l’interdit à un employeur d’agir de la sorte. C’est illégal.» 

Après le dépôt d’un grief collectif et syndical, suivi d’échanges avec les contentieux de chacun des partis, Bombardier est finalement revenue sur sa décision dans la journée de mercredi en accordant aux travailleurs jusqu’au 10 juillet pour écouler leurs vacances. 

«Nous ne pouvons pas nous réjouir du fait que les employés doivent aujourd’hui recourir au chômage, explique le représentant syndical. Mais nous pouvons quand même nous réjouir d’avoir réussi à faire valoir que s’il est vrai que les vacances sont un droit, le choix du moment de celles-ci l’est tout autant.»