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Coincé à Mexico, il appelle le fédéral à respecter ses promesses

Pierre-Paul Biron | Le Journal de Montréal

Jérôme Blanchet-Gravel et sa femme Rosario Antonio Gabriel ont uni leurs destinées le 22 février dernier. Le couple demande maintenant au gouvernement fédéral d’honorer son engagement de permettre aux familles immédiates de ressortissants canadiens d’entrer au pays. «C’est impossible que je revienne seul au pays en laissant ma femme ici», confie M. Blanchet-Gravel, de plus en plus inquiet pour sa sécurité alors que les tensions augmentent à mesure que la crise de la COVID-19 gagne le Mexique.

Courtoisie, Julio Cesar Olazagasti Viscaya

Jérôme Blanchet-Gravel et sa femme Rosario Antonio Gabriel ont uni leurs destinées le 22 février dernier. Le couple demande maintenant au gouvernement fédéral d’honorer son engagement de permettre aux familles immédiates de ressortissants canadiens d’entrer au pays. «C’est impossible que je revienne seul au pays en laissant ma femme ici», confie M. Blanchet-Gravel, de plus en plus inquiet pour sa sécurité alors que les tensions augmentent à mesure que la crise de la COVID-19 gagne le Mexique.

Un québécois coincé au Mexique, pays d’origine de sa femme, déplore que les autorités canadiennes ne suivent pas à la lettre l’engagement du premier ministre Trudeau de rapatrier aux pays les familles immédiates de ressortissants canadiens.  

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«C’est inconcevable pour moi de laisser ma femme seule ici», insiste Jérôme Blanchet-Gravel, craignant une flambée de la violence à Mexico.  

L’essayiste et journaliste québécois, collaborateur à QUB Radio, s’est marié au Mexique le 22 février dernier. La cérémonie était prévue depuis longtemps et à ce moment, l’inquiétude entourant la COVID-19 n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui.  

Courtoisie, Julio Cesar Olazagasti Viscaya

  

«Je voyais malgré tout ce qui s’en venait. Dès notre retour de Colombie, où on a fait un court voyage de noces, j’ai entrepris les démarches pour notre rapatriement», explique M. Blanchet-Gravel, qui partage son temps entre Québec et Mexico.   

  • ÉCOUTEZ Jérôme Blanchet-Gravel à QUB radio:  

Cul-de-sac consulaire  

Même si le gouvernement Trudeau a insisté à plusieurs reprises sur le rapatriement des canadiens et de leurs familles, les autorités demandent toujours à la conjointe de Jérôme Blanchet-Gravel de détenir une Autorisation de voyage électronique (AVE).  

Et malgré plusieurs demandes faites à l’ambassade de Mexico, directement aux bureaux d’Affaires mondiales Canada à Ottawa ou même par des bureaux de députés, impossible d’obtenir ledit document. Le couple se retrouve donc dans l'impasse.  

«C’est paradoxal parce que l’accès aux étrangers est déjà interdit en raison des mesures d’urgence, donc le procédure de l’AVE est maintenant inutile, ça devrait être balayé en théorie», soulève M. Blanchet-Gravel, qui demande la collaboration des autorités consulaires et d’Immigration Canada.  

«L’ambassadeur lui-même a déjà demandé aux ressortissants de quitter. On nous dit : ‘’Barrez-vous!’’. [...] C’est pourquoi on demande au gouvernement d’honorer la promesse de M. Trudeau», insiste-t-il. «Il en va carrément de notre sécurité maintenant».  

Tensions importantes  

Jérôme Blanchet-Gravel estime que sa sécurité et celle de sa conjointe sont compromises non seulement par la COVID-19, mais aussi par son potentiel effet multiplicateur sur la violence au Mexique.  

«Le président mexicain semble encore hésiter entre la négation de la crise et la prévention. Le pays n’a pas le luxe, les moyens du confinement. Sinon, les gens ici risquent autant de mourir de faim que du coronavirus. Ils essaient de trouver l’équilibre entre la prévention de la pandémie et l’écroulement de l’économie», explique l’auteur.  

«On craint les pilleurs, les vols, l’extorsion, le crime organisé qui pourrait prendre le contrôle, etc. S’il y a eu des pillages en France, vous pouvez imaginer qu’il y en aura ici», confie M. Blanchet-Gravel, de plus en plus inquiet.  

Des vigile de surveillance ont été mises en place par le voisinage dans le quartier où il demeure. Des chiens de garde ont été amenés, signe que la tension monte rapidement. «C’est un sentiment particulier, mais quand on n’a pas le choix, on raisonne différemment», raconte l’essayiste qui espère que le gouvernement entendra son appel.  

«C’est un manque de considération pour les citoyens canadiens. Si on avait décidé de ne pas ramener les familles, que c’était clairement dit, j’aurais accepté. Ça aurait été la fatalité, j’ai fait le choix de marier une Mexicaine. Mais là, le premier ministre a pris un engagement, il doit le respecter.»