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La résidence Eva est maintenant sous surveillance policière

Héloïse Archambault | Journal de Montréal

L’interdiction de sortir des aînés cause des maux de tête à des propriétaires de résidences privées, au point où des agents de sécurité sont embauchés pour faire respecter la directive du gouvernement.  

• À lire aussi: La COVID-19 a-t-elle envahi les résidences pour aînés?  

À la résidence Eva, à Lavaltrie, deux agents de sécurité surveillent les portes extérieures du bâtiment en tout temps, a confirmé cet après-midi le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Lanaudière.   

Un patrouilleur de la Sûreté du Québec est aussi stationné devant la résidence de sept heures à 23 heures.   

Premier foyer d’éclosion  

Cette résidence privée est devenue le premier foyer d’éclosion de coronavirus au Québec. À ce jour, 16 personnes sont infectées, et quatre décès ont été confirmés. Il reste toujours neuf cas sous investigation à la Résidence Eva.  

Lundi, trois résidents ont été aperçus à la pharmacie et au comptoir postal de la ville, malgré le confinement obligatoire. Ce qui a semé de l’inquiétude au sein de la population. À ce sujet, le CISSS dit avoir mené des démarches pour connaître l’identité de ces personnes, et pourrait procéder à une “intervention” auprès d’eux.  

Joël Lemay / Agence QMI

«Une résidence, c’est comme la société. Il y a toutes sortes de monde. (...) Et il y a toujours des gens qui vont tenter de déjouer les consignes, explique Yves Desjardins, président-directeur général du regroupement québécois des résidences privées (RQRA). Certains comprennent mal la gravité de la situation.»  

Selon le RQRA, des résidences ont embauché des agents de sécurité aux portes extérieures pour faire respecter la consigne de ne plus sortir, tel que l’exige le gouvernement.  

À ce jour, des foyers d’éclosion de la covid-19 touchent trois résidences au Québec (voir tableau).  

«Il faut arrêter ça. Il faut limiter le nombre de résidences de personnes âgées infectées», a dit le premier ministre François Legault, cet après-midi.  

Mesures variables  

Par ailleurs, les mesures de distanciation sociale dans les résidences sont très variables, avoue le RQRA. Certaines directions ont fermé les cafétérias et salles de jeux, d’autres limitent le nombre de places assises.   

À la société de gestion Cogir, qui gère 50 résidences privées, on ne croit pas que l’embauche d’agents de sécurité sera nécessaire.  

«On pense que les gens vont quand même coopérer, dit Frédéric Soucy, président. Oui, il y a des «tannants» comme on dit. On va travailler avec eux.»  

Rappelons que ces mesures d’isolement visent à protéger les aînés, qui sont les plus à risque de complications.  

«Je trouve ça dramatique d’un point de vue humain, confie le Dr Karl Weiss, président de l’association des médecins microbiologistes infectiologues du Québec. Il ne faut pas qu’il y ait un cheval de Troie. Si on les isole complètement et que personne n’entre, les gens vont passer au travers du mieux possible.»  

-Avec la collaboration de TVA Nouvelles

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