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La consommation d’alcool durant le confinement soulève des inquiétudes

Des gens font la file devant la SAQ de la Place Longueuil pour faire des provisions, pendant la crise du coronavirus (COVID-19), à Longueuil, le mercredi 18 mars 2020.
JOËL LEMAY/AGENCE QMI

Joël Lemay / Agence QMI

Des gens font la file devant la SAQ de la Place Longueuil pour faire des provisions, pendant la crise du coronavirus (COVID-19), à Longueuil, le mercredi 18 mars 2020. JOËL LEMAY/AGENCE QMI

La direction de la Maison Jean Lapointe, qui œuvre dans le traitement et la prévention des dépendances, s’inquiète des effets de tolérance et d’accoutumance que la consommation d’alcool pourrait entraîner chez les Québécois durant la période de confinement.  

«Ce qu’on voit, c’est monsieur, madame tout le monde qui vit de l’anxiété, qui vit du stress, [pour] qui peut-être le petit verre de vin le vendredi soir est devenu le petit verre de vin tous les soirs et un deuxième et un troisième», a lancé Anne Elizabeth Lapointe, directrice générale pour la Maison Jean Lapointe à QUB radio, mercredi matin.   

Écoutez l'entrevue complète ici:  

Si l’alcool ou les drogues peuvent aider à décompresser et à apaiser ses consommateurs durant des moments difficiles, la directrice croit qu’il faut rester vigilant de leur usage à long terme.  

«La majorité des Québécois vont pouvoir retrouver une consommation normale, pour ceux qui auront augmenté leur consommation en période de confinement, peut-être que pour certains malheureusement la dépendance va s’être installée», a-t-elle fait savoir.   

Anne Elizabeth Lapointe invite les consommateurs à réfléchir à leur relation avec l’alcool et à déterminer d’autres facteurs pouvant atténuer leur sentiment de stress, comme faire une promenade, pratiquer le yoga ou regarder des films.   

Pas le moment pour encadrer ni fermer  

Madame Lapointe, qui trouve que l’alcool reste très banalisé dans la société, en comparaison avec le cannabis, estime toutefois qu’il n’est pas le temps de revoir son encadrement ni de fermer la SAQ.   

«S’il fallait fermer la SAQ et la SQDC, peut-être qu’on ferait face à d’autres problèmes et c’est peut-être pour ça qu’on les laisse ouvertes en ce moment, parce que je pense que les Québécois ne sont pas encore outillés pour vivre des situations comme on vit», a-t-elle affirmé.   

La direction de la SQDC a d’ailleurs constaté une augmentation de ses ventes de cannabis, au cours des derniers jours, tant en succursales qu’en ligne.   

L’enjeu du temps  

Avec la crise de la COVID-19, Mme Lapointe est d’autant plus inquiète pour les personnes qui ont séjourné dans leurs établissements. «Ces gens-là ont évidemment beaucoup de temps entre les mains, ne peuvent pas sortir justement pour aller faire des réunions ou pour aller voir des amis qui sont en rétablissement avec eux», a-t-elle expliqué.   

La directrice générale se désole de voir que ces personnes n’ont plus accès à la majorité des outils qui leur ont été fournis, et encore moins à la force du groupe, qu’elle considère comme non négligeable dans leur rétablissement.