/regional/montreal/montreal

Banques alimentaires: des milliers de Québécois n’auront «pas le choix»

Elsa Iskander | Agence QMI

Joël Lemay / Agence QMI

Un peu partout à Montréal et à travers la province, de nouveaux visages se présentent dans les banques alimentaires pour y trouver à manger après avoir perdu leurs emplois en raison de la crise du coronavirus.

À la Première église évangélique arménienne, le pasteur Georges Dabbo ne chômait pas jeudi.

«D’habitude, on fait la distribution dans le sous-sol. Sur les encouragements de notre premier ministre, M. (François) Legault, nous avons décidé de maintenir la distribution, mais il fallait qu’on puisse s’adapter», explique-t-il.

«Pour éviter la proximité des gens, nous les avons appelés pour leur donner rendez-vous à des heures bien précises. Ils ne descendent pas de leur voiture, ils ouvrent leur coffre, on dépose leurs denrées et ils s’en vont!»

Si plusieurs conducteurs saluaient le pasteur qu’ils connaissaient déjà, ce dernier apercevait aussi plusieurs nouveaux visages. «Aujourd’hui, on a environ 30 % de personnes qui ne sont pas inscrites sur nos registres qui viennent demander de l’aide. La majorité des gens qui viennent nous disent : "j’avais un emploi. Je viens de le perdre"».

C'était notamment le cas d'Eve Jubinville, qui avait recours à ce service pour la première fois alors qu'elle travaillait jusqu'à récemment comme conductrice d'autobus scolaire. Elle réussissait à garder le sourire malgré tout. «C'est pas évident, il faut faire les procédures, se mettre en branle. (...) Moi je n'ai pas d'emploi présentement, mais ça aide aussi d'autres qui ont encore moins que moi. Ils sont géniaux», disait-elle à propos des bénévoles qui étaient à l'œuvre sous la pluie.

Michel Bernard s’implique bénévolement à L’œuvre des samaritains, dans Villeray, depuis une douzaine d’années. D’habitude, l'organisme reçoit 45 personnes en une journée. Cela tourne plutôt aux alentours de 70-80 depuis le début de la crise du coronavirus. «C’est vrai que c’est exceptionnel. Depuis une semaine, c’est effrayant», a-t-il dit.

Les gens peuvent y faire une épicerie d’une valeur de 70 $ pour 7 $, selon M. Bernard.

Edgar Omar Herrera, qui travaillait dans un magasin de chaussures avant de perdre son emploi il y a deux semaines, y a fait son épicerie pour la première fois jeudi. «C’est moins cher que dans une grande épicerie. S’il n’y avait pas ce service, ce serait beaucoup plus difficile de se nourrir», disait-il.