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Ottawa négocie avec Washington pour empêcher une militarisation de la frontière

Émilie Bergeron

Le gouvernement Trudeau tente de dissuader l’administration de Donald Trump d’envoyer des soldats à la frontière canado-américaine en pleine pandémie de coronavirus. 

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«Le Canada et les États-Unis ont la frontière non militarisée la plus longue au monde et c’est dans l’intérêt des deux pays de la garder comme ça», a affirmé le premier ministre Justin Trudeau jeudi. 

La vice-première ministre Chrystia Freeland en a rajouté en qualifiant une éventuelle action en ce sens de «non nécessaire» et de «dommageable» pour les relations diplomatiques entre le Canada et les États-Unis. 

La Maison-Blanche considère la possibilité de déployer 1000 militaires pour appuyer le travail des agents frontaliers américains, selon une note gouvernementale obtenue par l’hebdomadaire américain «The Nation». 

 

CANADA-VIRUS-HEALTH-POLITICS

AFP

 

Ces troupes auraient notamment pour mandat de «renforcer la capacité [...] à protéger la santé publique et prévenir la propagation de la COVID-19», peut-on lire dans le document du Département de la sécurité intérieure daté du 19 mars. 

Toujours selon ces informations, le déploiement de troupes serait effectif jusqu’au 30 septembre. 

Le président Trump a semblé confirmer que cette option était sur la table, jeudi en fin de journée, mais a indiqué qu’il n’avait pas encore pris sa décision. 

«Nous avons un déploiement très fort à notre frontière du sud, comme vous savez, avec le Mexique [...] J’imagine que c’est une forme de justice équivalente», a-t-il dit. 

M. Trump a ensuite mentionné qu’il n’aimait pas le «dumping» d’acier qui transite par le Canada, un commentaire laissant perplexes bien des observateurs étant donné que le conflit sur l’acier et l’aluminium est considéré comme réglé depuis belle lurette. 

À Ottawa, personne n’a voulu donner de détails sur le ton et le contenu des discussions qui ont cours avec les Américains pour les convaincre de ne pas aller de l’avant avec une militarisation de la frontière. 

«C’est complètement inapproprié de la part de notre pays de parler de conversations internes concernant une décision qui n’est pas encore prise», a souligné Mme Freeland. 

 

 

Le nombre de cas de COVID-19 a explosé récemment aux États-Unis, qui est devenu l’endroit où il y a le plus de cas recensés. Jeudi, l'Université Johns-Hopkins en dénombrait 83 507, contre 81 182 en Chine et 80 589 en Italie. 

Il est donc difficile de comprendre, dans le contexte, pourquoi des Canadiens souhaiteraient se rendre aux États-Unis et ainsi défier l’interdiction temporaire de franchir la frontière canado-américaine. 

Rappelons que, depuis le weekend dernier, seuls les passages essentiels sont autorisés.

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