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COVID-19 : Une réalité différente pour les camionneurs

Kevin Dupont | TVA Nouvelles

Avec la fermeture de plus en plus d’arrêts de service sur les routes, l’inquiétude grandit chez les camionneurs de la province qui ont à traverser la frontière entre le Canada et les États-Unis.

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«On voit des pancartes partout sur les routes où il est inscrit de rester chez nous. Je mets tellement de Purell sur mon tableau de bord et mon volant que ça sent l'hôpital dans mon camion», rapporte Pierre Boivin, camionneur.

Malgré l’exemption de quarantaine, les camionneurs sont tous du même avis, comme le souligne Étienne Fournier, qui transporte des fruits et des légumes chaque semaine des États-Unis.

« Nous sommes un service essentiel! Si on n’est plus là, il n’y a plus d’épicerie dans 3-4 jours. Ce n'est pas les américains qui vont venir livrer notre stock, c'est à nous de le faire traverser ici» mentionne le camionneur.

Que ce soit l'utilisation du Purell, de l'alcool à friction ou encore le fait de porter des gants, les mesures sont prises au sérieux par les camionneurs québécois.

«Je commence ma troisième semaine de suite dans mon camion, 36 heures dans mon truck ça commence à être long! On ne débarque plus dans les truck-stop comme avant. Il y a même des gars que je connais qui sont rendu à se laver à la lingette directement dans leur camion», affirme le camionneur Luc Amond, qui ne fait d’ailleurs plus de factures papier. 

Cependant, la réalité change pour plusieurs d’entre eux.

«On m'a a enlevé ce qui était le fun dans ma job, je ne peux plus voir mes amis camionneurs, on ne parle plus à personne quand on s'arrête en chemin. En plus, on veut être vigilant, je ne peux plus voir mes enfants chaque fin de semaine comme avant, j'ai pas le choix de les voir seulement dans un mois à cause de la crise», souligne Étienne Fournier.

Rappelons que les camionneurs québécois sont exemptés de la quarantaine, mais s'ils ressentent le moindre symptôme, ils sont contraints à un arrêt complet obligatoire et de retourner à leur domicile.