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La Croix Rouge alerte sur les problèmes de santé mentale

Agence France-Presse

La Croix-Rouge a appelé vendredi à accroître le soutien psychologique dont bénéficient le personnel soignant et les autres personnes engagées dans la lutte contre la pandémie de coronavirus.

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La demande de soutien psychosocial a «considérablement augmenté», a souligné le secrétaire général de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), Jagan Chapagain.

Au cours d'un entretien avec l'AFP, il a déclaré qu'il comprenait que le soutien en matière de santé mentale »n'est peut-être pas très prioritaire» pour le moment, mais a relevé qu'il s'agissait d'une question importante qui «touche des millions et des millions de personnes».

«Si l'on n'accorde pas suffisamment d'attention aux besoins psychosociaux et aux besoins de santé mentale», de nombreuses personnes risquent de mourir dans la solitude et le désespoir, des affres qui tuent «sans faire de bruit», a-t-il dit.

Le président de la FICR, Francesco Rocca, actuellement en Italie, a expliqué lors d'un point de presse virtuel vendredi que le «risque de suicide augmente lorsque les personnes sont isolées».

Actuellement trois milliards d'humains sont appelés à rester chez eux pour tenter de freiner la pandémie de coronavirus, qui a fait plus de 25 000 morts dans le monde depuis son signalement fin décembre en Chine.

Cette situation augmente les niveaux de dépression, d'anxiété et d'autres problèmes de santé mentale, selon la Croix-Rouge. Le stress «a également un impact sur la santé, sur les relations sociales», a relevé M. Chapagain, soulignant les risques d'augmentation des cas de violences domestiques.

Les deux responsables de la Croix-Rouge ont indiqué ne pas disposer pour l'instant de statistiques pour prouver que les problèmes de santé mentale et les suicides ont augmenté, mais ont indiqué que c'est ce qu'il ressort de leurs discussions avec le personnel soignant notamment.

Pour «les personnes fragiles, l'isolement a de nombreuses conséquences», a-t-il dit, ajoutant que récemment une infirmière italienne s'était suicidée quelques jours après avoir été déclarée positive, car elle craignait d'avoir transmis la maladie à d'autres personnes.

Il a également souligné que le personnel soignant, mais aussi les volontaires de la Croix-Rouge travaillent dans des conditions très difficiles, sans pouvoir offrir réconforter physiquement les personnes.

«Les accolades nous manquent», a-t-il dit, racontant comment lui-même n'avait pas pu étreindre une volontaire, en pleurs, qui venait de perdre sa mère.

«Même dans les zones de conflit, nous pouvons nous serrer dans les bras quand nous avons peur. La chose terrible de cette (pandémie) est l'absence de contact physique entre humains», a-t-il dit.