/news/world

«LANCEZ-VOUS DANS LES RESPIRATEURS, VITE!!!!!!»

AFP

Le président américain Donald Trump a invoqué vendredi une loi datant de la guerre de Corée pour contraindre General Motors (GM) à produire des respirateurs artificiels, indispensables dans la lutte contre le coronavirus.

• À lire aussi: EN DIRECT | Les derniers développements sur le coronavirus  

• À lire aussi: Près de 1000 morts en une journée en Italie  

« GM perdait du temps », a écrit M. Trump dans un bref communiqué traduisant son exaspération vis-à-vis du constructeur américain avec lequel les négociations trainaient selon lui en longueur.

Cette mesure exceptionnelle s'appuie sur le « Defense Production Act » qui permet au gouvernement fédéral de mobiliser le secteur industriel privé pour les besoins de la sécurité du pays.

Nombre d'élus démocrates appelaient depuis plusieurs jours le président américain à franchir le pas pour permettre aux États-Unis à faire face à cette crise sanitaire sans précédent.

Les besoins en appareils de ventilation respiratoire sont, aux États-Unis, comme ailleurs, énormes. Ces derniers permettent de sauver des personnes en difficultés respiratoires, l'un des graves symptômes du coronavirus.

Le gouverneur de l'État de New York, Andrew Cuomo, appelle depuis plusieurs jours la Maison-Blanche à lui en fournir de toute urgence pour faire face au pic de l'épidémie, qui doit intervenir selon lui dans trois semaines.

Le décret permet au ministre de la Santé de s'appuyer sur cette loi rarement utilisée pour exiger de General Motors « qu'ils acceptent, mènent à bien et fassent passer en priorité les contrats fédéraux pour des respirateurs. »

Expliquant sa décision, Donald Trump a lancé une mise en garde au secteur privé. « Nous n'hésiterons pas à utiliser la pleine autorité du gouvernement fédéral pour faire face à cette crise », a-t-il martelé.

Preuve que les Etats-Unis ont basculé dans un chapitre économique radicalement différent, Peter Navarro, qui était jusqu'ici en pointe dans la guerre commerciale engagée contre la Chine, sera désormais coordinateur de toutes les initiatives liées au Defense Production Act.

« Peter va faire un boulot fantastique », a prédit le milliardaire républicain, soulignant que les États-Unis pourraient exporter des respirateurs s'il y avait un surplus. « Nous pourrions aider beaucoup de gens à travers le monde », a-t-il lancé.

Plus tôt dans la journée, il avait exprimé sans détour son exaspération vis-à-vis de General Motors et de sa dirigeante Mary Barra.

« General Motors DOIT immédiatement ouvrir son usine bêtement abandonnée de Lordstown dans l'Ohio, ou une autre usine et COMMENCER À PRODUIRE DES RESPIRATEURS MAINTENANT!!!!!! », avait-il tweeté.

  

  Dans un autre tweet, il s'en était pris avec plus de virulence encore au célèbre groupe automobile.

« Comme toujours avec General Motors, rien ne semble fonctionner », avait-il lancé, assurant que le groupe avait promis de fournir 40 000 respirateurs « très rapidement » et qu'il n'évoquait désormais plus que 6000 unités pour fin avril, à un coût élevé.

Les tweets impatients de Donald Trump contrastaient avec ses déclarations de jeudi soir sur Fox News où il avait minimisé le besoin de respirateurs artificiels. « Je ne crois pas qu'il y ait un besoin de 40 000 ou 30 000 respirateurs », avait-il affirmé.

De leur côté, GM et Ventec Life Systems, un fabricant d'appareils médicaux, ont annoncé vendredi un accord pour fabriquer des respirateurs artificiels, sans cependant donner la moindre indication sur les volumes prévus.

Les premiers exemplaires, approuvés par l'agence fédérale du médicament (FDA), seront livrés à partir d'avril, ont indiqué les deux entreprises.

Ces respirateurs vont être fabriqués dans l'usine General Motors de Kokomo, dans l'Indiana, a précisé le constructeur automobile, qui va également produire des masques pour médecins dans son usine de Warren (Michigan).

Pour tenter de faire taire toute polémique et répondre aux critiques présidentielles, GM a assuré qu'il ne ferait pas de bénéfices sur cette production et qu'il se contenterait du remboursement de ses coûts.

Environ un millier de salariés de GM vont travailler sur la fabrication de ces respirateurs artificiels, a-t-on précisé de même source.

Dans la même catégorie