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Les taxis ne sont pas épargnés par la pandémie

TVA Nouvelles

Déjà que ce n'était pas facile dans l'industrie du taxi, la crise actuelle rend les choses encore pires. 

Il y a moins de clients, les chauffeurs doivent désinfecter leur voiture à leurs frais, et pour couronner tout ça, ils vont devoir payer leur permis, qui arrive à échéance.

En grande majorité, les passagers qui prennent toujours le taxi viennent ou repartent d'un organisme de la santé. 

Comme presque toute l'industrie du taxi, 80% de la flotte reste à la maison et ceux qui circulent encore, ne roulent pas sur l'or. 

«Je vais rentrer des fois à la maison, quand je suis chanceux, avec trente dollars. Enfin, si je ne suis pas chanceux, je suis dans le rouge. Parce que tout ça [les désinfectants], ça coûte de l'argent», raconte Pierre Hatzipetros, qui continue malgré tout.

Après chaque raccompagnement que M. Hatzipetros effectue, il doit prendre environ 10 minutes pour désinfecter sa voiture 

«C'est un coût supplémentaire que je dois subir», déplore-t-il. 

Une bonne nouvelle toutefois, une entreprise montréalaise de jeux vidéo, Axe, va fournir des masques promotionnels aux chauffeurs de la compagnie. 

De son côté, Taxelco, qui possède Taxi Hochelaga et Taxi Diamond, a mis sur pied une ligne spéciale, pour transporter les malades de la COVID-19. Sur presque 2200 chauffeurs, une centaine a accepté de conduire ces malades dans plusieurs institutions de la santé. 

«J'étais partant. Il y a du monde qui a besoin d'aide», indique Ali Chaddi.  

Néanmoins, le risque est considérable. Les taxis peuvent devenir rapidement des vecteurs du virus par les personnes infectées ou qui vont passer un test qui s'avérera positif. 

«Le pari qu'on a fait c'est que les gens qui doivent prendre un taxi, si on les refuse sous prétexte qu'ils ont potentiellement la COVID-19, ils vont juste dire qu'ils ne l'ont pas. Après ça, ce ne sera pas possible de faire de la prévention», explique Frédéric Prégent, directeur général de Taxelco.

Autre problème pour les chauffeurs propriétaires, ils ont jusqu'à mardi pour payer leurs permis. Des coûts qui s’élèvent à environ 8000 $ pour un chauffeur rencontré devant le bureau du taxi.

Alors que ce dernier dit réfléchir au problème, les chauffeurs, eux, commencent à craindre le pire.