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«Comme une claque en plein visage»

Daphnée Dion-Viens | Le Journal de Montréal

Photo Didier Debusschère

Des travailleurs du réseau de la santé dénoncent la fermeture des services d’urgence dans les garderies non subventionnées, qui mettra davantage à risque leur famille, affirment-ils. Certains songent même à rester à la maison plutôt que changer de garderie. 

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Québec a annoncé que les garderies privées non subventionnées n’offriront plus de services d’urgence pour les familles dont les parents travaillent dans les services essentiels à partir du 3 avril. Des parents ont même appris samedi qu’ils devaient trouver une autre garderie dès lundi matin. 

François-Frédéric Dubois, qui travaille dans le réseau de la santé tout comme sa conjointe, a reçu la nouvelle comme «une claque en plein visage». 

«Tous les deux, on est au front présentement. Notre réconfort, c’était de savoir que notre fille était bien, dans un milieu qu’elle connaissait. On trouve ça terriblement attristant pour notre enfant», lance-t-il. 

Le risque monte d’un cran 

Par ailleurs, en regroupant tous les enfants des garderies privées dans les centres de la petite enfance (CPE), le risque de propagation du virus augmente d’un cran, souligne M. Dubois. 

«Ce sont tous des enfants plus à risque parce que leurs parents travaillent dans le milieu de la santé, dit-il. Le jour où il y a un cas dans ces garderies-là, c’est beaucoup de travailleurs de la santé qui vont devoir être en quarantaine.» 

Sa fille côtoyait jusqu’à maintenant seulement deux autres enfants dans sa garderie privée. «On est prêt à faire des sacrifices, mais quand ça touche nos enfants, c’est différent», lance-t-il. 

Marie-Claude, une infirmière mère d’un enfant de deux ans, refuse que ce stress «s’ajoute à celui qu’on vit déjà au quotidien». Sa fillette se fera garder chez sa grand-mère plutôt que de changer de garderie, indique-t-elle.  

Garder ses enfants à la maison 

Or des parents sont même prêts à garder leurs enfants à la maison pour éviter tout risque supplémentaire. 

C’est le cas de Charles Boisvert et sa conjointe, tous les deux pharmaciens, qui ont appris vendredi la fermeture de la garderie de leurs deux jeunes enfants. 

«Ça nous inquiète, lance M. Boisvert. On va probablement les garder à la maison, on va essayer de s’organiser pour alterner les shifts. Notre service va quand même s’en souffrir, les heures d’ouverture vont peut-être se restreindre davantage.» 

Sur les réseaux sociaux, plusieurs travailleurs de la santé ont aussi affirmé vouloir rester à la maison pour s’occuper de leurs petits, plutôt que de changer de garderie. 

À la Coalition des garderies privées non subventionnées, sa présidente Marie-Claude Collin déplore aussi la situation. «La crainte, c’est quand on va repartir : est-ce qu’on va avoir toutes nos éducatrices?» lance-t-elle. 

Au cabinet du ministre Lacombe, on rappelle que les services de garde d’urgence sont «une solution de dernier recours». 

Le taux d’occupation dans les CPE est de moins de 3% présentement, ce qui leur permettra d’accueillir de façon sécuritaire les quelque 1000 enfants provenant des garderies non subventionnées, indique sa porte-parole, Maude Méthot-Faniel. 

De nouvelles mesures seront mises en place pour limiter les risques de propagation du virus. Le nombre d’enfants par groupe, qui se situe généralement entre huit et dix, sera notamment réduit de moitié. 

Services de garde d’urgence   

  • Nombre total d’enfants : 5550   
  • Taux d’occupation des CPE : 2,4 %  
  • Enfants en garderie privée non subventionnée à la recherche d’une nouvelle place : environ 1000  

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