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Des malades chroniques privés de chloroquine

Étienne Paré | Agence QMI

Photo d'archives, Agence QMI

La chloroquine, ce médicament utilisé pour traiter la COVID-19 devenu soudainement controversé, est prescrite depuis des années à des gens qui souffrent d’arthrite. Ces derniers vont toutefois devoir s’en priver, le temps de la crise du coronavirus. 

Car, craignant une pénurie, l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) a statué au cours des derniers jours que les prescriptions de chloroquine et de son dérivé, l’hydroxychloroquine, ne pourront plus être renouvelées, sauf exception. 

Ken Monteith, qui prend de l’hydroxychloroquine pour traiter ses rhumatismes depuis fort longtemps, s’en inquiète. 

«Je prends un autre anti-inflammatoire, mais s’il ne suffit pas à le combler, je vais avoir un problème. Je vais avoir des douleurs», craint-il. 

Ken Monteith était en train de compléter le renouvellement de ses médicaments sur internet, dimanche, quand il a appris qu’il ne pourrait probablement pas avoir de nouvelle dose d’hydroxychloroquine avant des mois. 

Pour avoir droit à l’exception prévue par l’avis de l’INESSS, les personnes qui souffrent d’arthrite doivent retourner voir leur médecin, même si leur prescription est toujours valable. Ils sont ensuite contraints de faire la démonstration que ce traitement est essentiel pour eux. 

«Malheureusement, mon rhumatologue a fermé son bureau pour des raisons de sécurité à cause du coronavirus», a soulevé Ken Monteith, pris au dépourvu. 

Décision nécessaire? 

Contacté par l’Agence QMI, l’INESSS a défendu son ordonnance collective. 

«Ce médicament prend du temps avant d’être éliminé. Alors un arrêt temporaire ne devrait pas avoir d’effet sur la santé des gens», a d’abord insisté Olivia Jacques, porte-parole de l’institut public. 

L’INESSS, l’autorité en matière de médicaments au Québec, dit en être arrivé à cette décision, car les inventaires de chloroquine et de son dérivé seraient trop limités pour faire face à une explosion des cas de COVID-19. 

Pourtant, le même institut a indiqué dimanche par communiqué que la chloroquine ne devait pas être utilisée de façon généralisée pour soigner la COVID-19, sauf pour de rares cas. 

Un médicament controversé 

Décrit par Donald Trump comme «un don du ciel» pour lutter contre la pandémie, la chloroquine ne cesse en fait de diviser la communauté scientifique. 

D’un côté, le microbiologiste français Didier Raoult affirme avoir obtenu des résultats très convaincants en administrant ce traitement à des personnes atteintes du coronavirus. De l’autre, des études contredisent ces propos ou les nuancent, du moins. 

À travers toute cette controverse, la chloroquine est devenue l’objet de toutes sortes de théories du complot sur les réseaux sociaux.