/news/coronavirus

Un nombre «important» de personnes itinérantes contaminées

Camille Dauphinais-Pelletier et Elsa Iskander | Agence QMI

JOEL LEMAY/24H MONTREAL/AGENCE QMI

Un nombre «important» de personnes itinérantes sont contaminées par la COVID-19 dans la métropole et n’ont pas une prise en charge adéquate.

Cette situation de crise pousse certaines personnes à adopter un comportement agressif. «Plusieurs personnes en situation d’itinérance intimident la population en criant, en faisant des gestes violents, en crachant sur les personnes, en urinant et en déféquant sur l’espace public», peut-on lire dans un document de la Ville qui mentionne aussi que les intervenants de l’agglomération sont «régulièrement agressés».

Cela crée «non seulement une urgence sanitaire pour Montréal, mais aussi une urgence en matière de sécurité publique», selon la Ville.

Le conseil municipal a voté, dimanche après-midi, en faveur d'un renouvellement de l’état d’urgence déclaré le 27 mars dernier par la mairesse Valérie Plante. La Ville veut notamment se donner les moyens de disperser la population itinérante des refuges.

«Actuellement, des personnes sans-abri infectées par la COVID-19 se promènent et errent dans la Ville sans aucune possibilité́ de refuge ni de prise en charge par les milieux hospitaliers et sans égard aux règles de distanciation sociale mises en place», est-il détaillé dans les documents de la Ville.

En effet, le «24 Heures» a pu observer samedi un regroupement proche du Palais des congrès de Montréal. La Mission Old Brewery distribuait de la nourriture non loin de là.

Plusieurs places ont été fermées dans les refuges au cours des derniers jours, et avec la diminution des allées et venues des Montréalais, des personnes itinérantes se sont vues privées du peu de revenus qu’elles avaient.

En date du 26 mars dernier, 300 places dans les refuges, sur environ 1400 de disponibles pour la nuit, avaient été fermées. Selon la Ville, 250 places sont en train d’être créées à très court terme, en collaboration avec le réseau de la santé.

«La population itinérante se retrouve donc à l'instant sans source de revenus et donc sans argent, nourriture, alcool ou drogues ainsi que sans toilettes et sans endroit de repos», constate la Ville.

La création d’îlots sanitaires au centre-ville avait été annoncée par la mairesse Plante la semaine dernière, de même que l’utilisation de certains édifices pour en faire des refuges temporaires. Le YMCA Centre-Ville et le Complexe Guy-Favreau ont déjà été reconvertis à cet effet. L’ancien hôpital Royal-Victoria accueillera des sans-abris infectés par le virus.

Dans la même catégorie