/news/politics

Québec refuse de reporter le paiement des immatriculations des camionneurs

Marc-André Gagnon | Journal de Québec

Photo Aurélie Girard Agence QMI

«Mauvaise nouvelle» pour les camionneurs québécois: même si François Legault les voit comme des «héros», ils devront tout de même payer leurs immatriculations en date du 1er avril, comme prévu, a tranché le gouvernement. 

• À lire aussi: COVID-19: des travailleurs essentiels, entre la peur et le courage  

• À lire aussi: COVID-19 : Une réalité différente pour les camionneurs  

Québec fera donc cavalier seul par rapport aux autres provinces canadiennes et à la plupart des États américains, qui en raison de la pandémie de coronavirus, ont décidé de reporter le paiement des immatriculations des camionneurs.  

Depuis plusieurs jours, l’industrie québécoise du camionnage faisait des représentations afin de pouvoir bénéficier du même répit.  

La décision du gouvernement Legault est finalement tombée lundi après-midi, causant une déception générale.  

Selon ce qu’il a été possible d’apprendre, Québec aurait refusé d’emboiter le pas avec les autres provinces sous prétexte que l’industrie du camionnage, à ce moment-ci, n’est pas en déficit de liquidités.  

Déception générale 

En conséquence, des camionneurs venant de l’extérieur de la province circuleront au Québec avec des documents périmés, alors que ceux du Québec devront se conformer en date du 1er avril, comme à chaque année. Pour les plus gros transporteurs, la facture se chiffre parfois à plusieurs millions de dollars.  

«On demandait juste un peu d'oxygène. Le gouvernement est en train de créer deux classes de transporteurs différents, [nous vs] ceux s’immatriculent en Ontario et dans les autres provinces qui viennent ici», a réagi avec déception le pdg de l’Association du camionnage du Québec, Marc Cadieux.  

Il s’est personnellement chargé d’annoncer «la mauvaise nouvelle» à ses membres en fin de journée. «Ça va être un gros choc», a-t-il prévenu.  

Des «héros» se sentent abandonnés 

«On voulait juste reporter nos paiements au mois de septembre», a résumé à regret Gaétan Légaré, directeur général de L'Association nationale des camionneurs artisans inc..  

Comme plusieurs, il a l’impression que le gouvernement Legault vient d’abandonner ceux que le premier ministre qualifiait, la semaine dernière, de «héros» en cette période de crise.  

En refusant d’accorder un report de paiement aux camionneurs, le ministère des Transports risque toutefois de se retrouver avec un autre problème, craint M. Légaré.  

«Les gens vont préférer de ne pas renouveler leurs plaques et serrer leurs véhicules», croit M. Légaré, qui représente ceux qui s'occupent du salage des routes, du transport de la neige et des matériaux de construction, notamment. Il s’agira pour eux d’une façon de se délester temporairement du paiement de leurs primes d’assurances, qui ont explosé au cours des derniers mois.  

Cela pourrait avoir de lourdes conséquences; les besoins en transport de marchandises essentielles étant cruciaux et le printemps, pas encore tout à fait installé.  

«Nous sommes conscients des défis rencontrés par l’industrie du camionnage», s’est limité à dire le ministre des Transports, François Bonnardel, par l’intermédiaire de son attachée de presse, Florence Plourde.

«Nous avons voulu répondre aux enjeux les plus urgents, soient ceux de l’industrie du taxi ainsi que des transporteurs commerciaux, durement impactés par la crise», a-t-elle ajouté.