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Devriez-vous porter un masque à l'extérieur?

Alexandre Faille | TVA Nouvelles

Alors que les États-Unis considèrent sérieusement la possibilité de recommander le port du masque pour tous les Américains, le gouvernement du Québec continue de se montrer prudent sur la question.      

Le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, a reconnu mardi que le port du masque dans la société pouvait contribuer à ralentir la progression de la COVID-19, sans représenter une mesure centrale pour la combattre.      

C’est l’une des raisons pour lesquelles la santé publique ne va pas de l'avant avec cette recommandation. Québec doit également économiser les masques chirurgicaux pour les patients et le personnel hospitalier en cette période de pénurie d’équipements médicaux.      

  

JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

  

«Si quelqu’un veut se faire des masques en tissu, je n’ai pas de problème. Ça peut être fait. Mais il ne faut pas utiliser le masque en pensant que c’est juste le masque qui va régler le problème», a mis en garde mardi le Dr Arruda.      

Le port du masque ne se substitue pas aux autres mesures d’hygiène comme un lavage impeccable des mains, a-t-il ajouté.      

L’avis d’experts      

Pourtant, plusieurs sociétés ont opté pour une distribution à grande échelle des masques, particulièrement en Asie. Le Dr Anthony Fauci, qui pilote le groupe de crise sur la COVID-19 aux États-Unis, a déclaré au cours des dernières heures que les experts étudiaient sérieusement la possibilité de recommander à tous les Américains le port du masque lorsque les besoins du réseau de la santé seront comblés.      

Plusieurs Québécois, à l'instar de citoyens ailleurs dans le monde, pourraient eux aussi être tentés de se fabriquer des masques en tissu pour se protéger d’une possible contamination. Des experts apportent un bémol à cette initiative. 

«On peut avoir une fausse impression d’être protégé à cause de ça et croire qu'on n'est pas contagieux. Ce n’est pas vrai. Le masque maison ne filtre pas toutes les particules», explique la pharmacienne Diane Lamarre.      

À l’inverse, une personne qui n’est pas porteuse de la COVID-19 peut se croire en sécurité par le simple port du masque, ce qui n’est pas le cas.      

«Les particules peuvent traverser notre masque ou elles peuvent rester sur le masque et, lorsqu’on va l’enlever, on risque de se contaminer», note Mme Lamarre.      

  

  

L’ex-ministre de la Santé, le Dr Gaétan Barrette, indique de son côté que le risque de contamination en touchant une surface infectée et en portant sa main à son visage est beaucoup plus important.      

«De dire à tout le monde, actuellement, de porter un masque, ça serait un peu de la panique, croit-il. Arrêtons de partir dans cette voie-là, elle n’est pas nécessaire, mais une personne contaminée, oui, elle devrait en avoir un.»      

Si le port du masque fabriqué à la maison – comme les masques chirurgicaux – peut augmenter l’efficacité de la protection contre le virus en bloquant la projection des gouttelettes, il ne peut pas remplacer les mesures d’hygiène élémentaires comme le lavage des mains et la distanciation physique d’au moins deux mètres avec les autres.

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