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La chasse au logement au temps du coronavirus

Ghislain Larochelle | Journal de Montréal

Trouver un logement n’était déjà pas facile, et il a fallu que le coronavirus ajoute un degré de difficulté.   

Plusieurs locataires se posent donc la question suivante : y a-t-il un risque que je ne trouve pas de logement pour le 1er juillet ?  

Offre déficiente  

Actuellement, il y a beaucoup de demandes de logement, mais peu d’offres. Selon la SCHL (Société canadienne d’habitation et de logement), le taux d’inoccupation des logements est aussi bas que 1,8 % au Québec et 1,5 % à Montréal. À cela s’ajoute un taux de disponibilité des logements assez faible dans plusieurs régions du Québec. À l’échelle de la province, ce taux oscille entre 4 % et 15 %.  

À Montréal, les logements habités dont le bail n’a pas été renouvelé représentent seulement 6 % des logements disponibles dans les prochains mois.  

Or cette situation existait déjà avant l’arrivée du virus. Mais avec l’arrivée de la COVID-19, elle pourrait s’accentuer, selon les directives qui pourraient être mises en place par le gouvernement.  

Au moment d’écrire ces lignes, les visites de logement ne sont pas interdites et il n’est pas encore question de repousser l’échéance des baux. Toutefois, le gouvernement demande autant que possible d’éviter les visites de logement en personne, et ce minimalement jusqu’au 13 avril.  

Plusieurs locataires envisagent de demeurer un an de plus dans leurs logements pour éviter de chercher et pour réduire le risque de contamination. Pour savoir si cette option est envisageable pour vous, il suffit de passer un coup de fil à votre propriétaire pour lui demander s’il accepte de renouveler votre bail.  

Visite virtuelle  

Pour éviter la contagion, plusieurs proprios proposent d’effectuer une visite virtuelle du logement, par exemple avec un outil de vidéoconférence tel que Skype ou Messenger. Dans certains cas, une deuxième visite est offerte pour ceux qui sont réellement intéressés par le logement.  

Si la visite virtuelle ne suffit pas, le gouvernement propose une série de mesures préventives et de recommandations pour une visite en personne, que vous trouverez ici : bit.ly/2 Uuevjh  

Signature électronique du bail  

La visite en personne est souvent un incontournable, mais la signature du bail peut quant à elle se faire de manière électronique. Selon la Régie du logement, « Le bail en format électronique et la signature par courriel ont la même valeur légale que le contrat imprimé et la signature manuscrite. »  

D’ailleurs, la régie offre en format virtuel le même format de bail que la version papier. Les propriétaires peuvent se le procurer en ligne au coût de 1,99 $.  

La signature électronique suppose que le locataire imprime, signe puis numérise le bail avant de le retourner au locateur, qui à son tour l’imprime, le signe puis le retourne au locataire. Pour numériser un document, il suffit d’un numériseur ou encore d’un téléphone intelligent.  

Et dans le cas où le locataire n’aurait pas accès à ces outils technologiques, il peut répondre par courriel au locateur avec la déclaration suivante : « J’accepte les conditions du bail ci-joint. Cette réponse tient lieu de signature. » Mais dans tous les cas, pandémie ou non, format virtuel ou papier, il est bien important de bien lire le document que vous signez.  

Conseils  

Si le préposé du centre d’appel de votre institution financière n’est pas au courant de la règle H1, demandez un superviseur.   

Certaines institutions exigent des frais de 25 $ ou 30 $ pour interrompre chaque paiement préautorisé. Ça revient cher pour un abonnement mensuel de 9,95 $ ! Si vous évoquez la règle H1, l’interruption est gratuite et s’applique à toute la série de paiements. 

Surveillez les actualités. Divers scénarios sont à l’étude par le gouvernement, notamment la possibilité d’étendre les délais de renouvellement de bail.