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Les Bourses européennes retrouvent de l'entrain, Wall Street se cherche

Agence France-Presse

Au terme d'une séance hésitante, les Bourses européennes sont finalement parvenues à rester dans le vert mardi, aidées par le rebond du pétrole et un bon indicateur chinois, même si la pandémie de coronavirus continuait à générer de profondes incertitudes sur les marchés.

La Bourse de Francfort a ainsi terminé en hausse de 1,22% et celle de Londres de 1,95% tandis que la progression a été moins marquée à Paris (+0,40%) où le luxe, les bancaires et l'aéronautique ont pesé.

Milan a pour sa part progressé de 1,06% et Madrid de 1,88%.

Les marchés européens ont notamment pu profiter de la remontée surprise de l'activité manufacturière en Chine en mars ainsi que de premiers signes encourageants sur le front sanitaire européen.

Si le bilan de l'épidémie s'est de nouveau alourdi mardi dans le monde, avec plus de 38 400 morts, en Italie, pays qui enregistre le plus grand nombre de décès, le confinement commence à produire des résultats encourageants après trois semaines.

L'hésitation restait en revanche de mise à Wall Street, après une ouverture dans le rouge et une reprise de courte durée: vers 18H20 (16H20 GMT), le Dow Jones cédait 0,11%, le Nasdaq s'appréciait de 0,22% tandis que le S&P 500 refluait de 0,23%.

L'annonce de la Réserve fédérale américaine sur la mise en place mardi d'un nouveau dispositif permettant à des banques centrales étrangères, notamment, d'avoir facilement accès à des dollars en échangeant «temporairement» leurs bons du Trésor américains contre des billets verts ne semblait pas suffire à calmer la nervosité ambiante.

«Pour observer une accalmie durable, il faudra d'abord une véritable stabilisation sur le plan sanitaire», souligne auprès de l'AFP Vincent Juvyns, stratégiste de JPMorgan AM.

«On nous annonce un pic prochain, mais tout ceci reste encore au conditionnel et appelle à la prudence», poursuit-il.

Le rebond du pétrole, par contre, se poursuivait, après un plus bas en 18 ans lundi soir, lesté par la chute de la demande liée au nouveau coronavirus et la guerre des prix entre les producteurs.

Soutenus par le rebond surprise de l'indice d'activité manufacturière en Chine en mars et des échanges lundi entre Washington et Moscou pour tenter de trouver une issue à la guerre des prix, le baril de Brent gagnait 0,26%, à 22,82 dollars, et celui de WTI 2,04%, à 20,50 dollars, vers 18H10 (16H10 GMT).

L'euro continuait à faiblir face au billet vert tandis que le marché de la dette a conservé son flegme des derniers jours, largement abreuvé par la générosité des banques centrales.

Seuls les taux à dix ans de la France et de l'Espagne ont enregistré une tension un peu plus marquée mardi.

Nous avons «des banques centrales qui ont sifflé la fin de la partie sur la hausse des taux souverains» et, en particulier, sur le taux italien, relève auprès de l'AFP Alexandre Neuvy, responsable de la gestion privée chez Amplegest.

«Ce qui assure malgré tout un retour à davantage de sérénité, c'est l'arsenal de mesures sans précédent déployées rapidement tant par les banques centrales que par les gouvernements», et ce «beaucoup plus rapidement qu'en 2008 et de manière mieux coordonnée», estime M. Juvyns.

Et, au-delà de la crise sanitaire, l'autre clé pour permettre un rebond solide et prolongé reste la durée du confinement et de la paralysie économique qu'il provoque.

Nous n'arrivons «pas à donner un prix aux actifs tant que nous n'avons pas de visibilité sur la durée du confinement et de l'arrêt de l'économie», ajoute M. Neuvy.

«De combien les résultats d'entreprises vont baisser en 2020 et de combien ils devraient rebondir en 2021? C'est la grande question», selon lui.

«La crise est plus intense qu'en 2008, mais l'espoir réside désormais dans le fait qu'elle ne soit que temporaire», analyse pour sa part M. Juvyns.

«Il y aura une vie après la crise du coronavirus. Mais il s'agit d'éviter une vague de faillites et la montée en flèche du chômage», développe-t-il. «Aux États-Unis, c'est comme une casserole de lait, cela monte vite, mais cela redescend vite aussi» tandis qu'en Europe, résorber le chômage est plus délicat.

Mais, rappelle-t-il, «l'Union européenne est mieux équipée en filets de sécurité sociaux, c'est aussi pour cela qu'il y a une différence dans les montants débloqués» et que les États-Unis ont ainsi mis plus de 2000 milliards sur la table.