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New York se métamorphose face au coronavirus

Agence France-Presse

Des tentes dressées à Central Park et devant les hôpitaux, le centre de conférences de Manhattan converti en hôpital bientôt suivi par le centre sportif de Flushing Meadows: New York, épicentre d'une épidémie américaine désormais officiellement plus meurtrière qu'en Chine, se métamorphose pour pouvoir soigner des dizaines de milliers de malades potentiels du coronavirus. 

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Une douzaine de tentes dressées dans Central Park depuis dimanche se préparaient mardi à accueillir jusqu'à 70 patients malades du virus provenant de l'hôpital Mount Sinaï, tout proche. 

 

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«On voit des films comme "Contagion" et on pense que ça ne se produira jamais, alors voir ça pour de vrai, c'est vraiment surréaliste», dit Joanne Dunbar, 57 ans, venue assister à la transformation de ce lieu emblématique de Manhattan. 

Après huit jours de travaux menés par le Corps du génie de l'armée de terre des États-Unis, le centre de conférences Javits Center, dans Manhattan, est désormais opérationnel, avec près de 3.000 lits destinés aux malades non atteints du coronavirus, pour permettre aux hôpitaux de se concentrer sur l'épidémie.  

 

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Quelques rues plus loin, l'imposante silhouette blanche du navire-hôpital militaire Comfort, arrivé lundi avec une capacité de 1000 lits, se détache au milieu des gratte-ciels.  

D'autres sites ont été identifiés à travers la première métropole américaine pour servir d'hôpital, dont l'un des bâtiments du complexe de tennis de Flushing Meadows, dans le quartier du Queens, ainsi que des hôtels, destinés à accueillir des personnes contaminées, mais pas gravement malades.  

La capitale économique des États-Unis et l'État de New York en général, qui comptait mardi en milieu de journée près de 76 000 cas et 1550 morts, a engagé une course contre la montre pour augmenter sa capacité hospitalière avant le pic de l'épidémie, attendu d'ici «sept à 21 jours», selon le gouverneur Andrew Cuomo, qui a indiqué mardi que son frère, présentateur sur CNN, était lui aussi infecté. 

Le gouverneur a appelé les New-Yorkais à «calibrer leurs attentes pour ne pas être déçus chaque jour au réveil», en voyant la situation s'aggraver.  

 

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«Nous avons environ 20 000 lits dans tout New York» en temps normal, a expliqué le maire, Bill de Blasio. «Nous prévoyons que tous seront transformés en lits de soins intensifs pour des patients du Covid-19 (...) il faut donc tripler notre capacité». 

Inquiétude palpable 

«Les New-Yorkais sont dans une situation difficile, et on essaie de faire au mieux pour ouvrir des lieux afin de soulager l'augmentation du nombre de cas», a souligné sur CNN le docteur Anthony Fauci, expert en maladies infectieuses qui conseille Donald Trump sur cette crise.  

Dans cette métropole qui n'a jamais été aussi déserte et silencieuse, où résonnent désormais le soir, comme dans de nombreuses villes européennes, les applaudissements saluant le personnel soignant, l'inquiétude est de plus en plus palpable.  

Les masques sont omniprésents, et les immeubles n'ont «jamais été autant nettoyés», indique Joel Quesada, agent de nettoyage dans un complexe immobilier de Manhattan, où il est passé de 40 à 55 heures de travail par semaine. 

Larry Grossman, directeur d'un supermarché, dit avoir perdu ces derniers jours 14 de ses 75 employés, «soit malades, soit ayant peur de venir travailler», malgré les panneaux de verre protecteur installés à chaque caisse. 

Si New York est plus que jamais l'épicentre de l'épidémie, toute la première puissance mondiale vit désormais dans l'inquiétude avec plus de 181 000 cas recensés et 3600 morts, un nombre de décès maintenant supérieur au bilan officiel chinois (3305 morts). 

Plus de trois Américains sur quatre sont désormais sous des ordres de strict confinement. La plupart des grandes villes sont touchées, et les foyers apparus ces derniers jours, à Chicago ou à La Nouvelle-Orléans, s'aggravent. 

 

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Même des États ruraux, comme le Montana, qui comptent très peu de cas confirmés, réclament ardemment au gouvernement fédéral masques et kits de tests, essentiellement réservés pour l'instant aux personnes gravement malades et aux plus vulnérables. 

Le commandant d'un porte-avions nucléaire américain ancré à Guam, l'USS Theodore Roosevelt, confronté à une contamination galopante, a appelé les autorités à l'aide pour pouvoir mettre son équipage dans des installations permettant une meilleure séparation.   

Le discours des autorités sur le port du masque, initialement recommandé uniquement pour les personnes au contact direct de malades, de personnes vulnérables ou présentant elles-mêmes des symptômes, est aussi en train d'évoluer. 

La cellule de crise de la Maison-Blanche «en discute activement», a déclaré le docteur Fauci. «Dès qu'on aura assez de masques, nous réfléchirons sérieusement à élargir ses recommandations d'utilisations».