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Comment négocier le report de son loyer?

Daniel Germain | Journal de Montréal

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Illustration Adobe Stock

Nous voilà arrivés au 1er avril, et des milliers de locataires n’entendent pas à rire. 

Privés de revenus en raison de la COVID-19, ils seront incapables d’honorer leurs obligations aujourd’hui. 

La crise accentue des problèmes préexistants, dont l’accès au logement. Certains y voient un moment propice pour faire valoir leurs vieilles doléances, ce n’est pas une bonne idée ! 

Propriétaires vs locataires 

La CORPIQ, qui représente les propriétaires, a profité du contexte pour rappeler ses revendications au sujet du dépôt de garantie qu’elle veut voir imposer aux locataires. Quel mauvais timing

De l’autre côté, des groupes de défense des locataires appellent depuis quelques jours à la grève des loyers pour avril. C’est contre-productif. À la sortie de la crise, les propriétaires pourront de manière légitime faire valoir leurs droits devant la Régie du logement. 

Ceux qui auront répondu à l’appel du boycottage s’exposent à des jugements défavorables. Cela limitera leur capacité à trouver un logement dans un marché déjà serré. 

Les organismes de défense des consommateurs font appel quant à eux à la compréhension et à l’indulgence des propriétaires à l’égard des retardataires. C’est certainement la voie la plus sage : négocier. 

Contexte difficile  

-Ceux qui sont dans l’incapacité de payer n’ont pas à craindre d’être évincés de leur appartement à court terme. Les audiences pour des demandes d’éviction ont été suspendues par la Régie. Les expulsions qui ont déjà été autorisées par la Régie ne peuvent être exécutées à moins que le logement soit déjà loué à une autre personne. 

-Les retards fréquents peuvent être invoqués comme motif d’éviction. Cela dit, on a du mal à croire qu’un retard durant la pandémie pourrait être considéré par la Régie du logement. Les circonstances jouent en faveur des retardataires, aussi longtemps qu’ils restent de bonne foi.  

Négociation stratégique 

-Si ce n’est déjà fait, c’est au locataire de prendre les devants. 

-Mieux vaut rester détendu, poli, franc et honnête. La posture « revendi-catrice » est à proscrire. 

-Il faut expliquer sa situation (perte de revenus) et les démarches entreprises pour toucher l’une ou l’autre des mesures d’aide. 

-On ne doit pas faire de promesses sur les éléments sur lesquels on n’a pas de contrôle. Si on ne sait pas quand on recevra l’aide, on dit seulement qu’on sera en mesure de payer, en tout ou en partie, à la réception de l’argent, mais en évitant de préciser une date. 

-On peut convenir d’étaler le loyer d’avril sur les prochains mois, mais jamais cette entente ne doit se traduire par une hausse hors-norme du loyer sur le prochain bail. L’entente et le bail doivent rester séparés. 

-Ne jamais se fier à une promesse verbale, on doit garder une trace écrite de tous les échanges.