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Jean-Marie Lapointe donne toujours au suivant

Marie-Josée R. Roy | Agence QMI

COURTOISIE TVA

Sans banaliser la maladie, Jean-Marie Lapointe relativise en quelques mots les conséquences de la pandémie de COVID-19 qui balaie présentement le monde. 

«Notre ennemi, c’est un virus, expose-t-il. Ce n’est pas comme les méchants nazis qui couraient après les Juifs à la Deuxième Guerre mondiale et qu’il fallait se cacher. On reste à la maison et on s’arrange.» 

Mais celui qui fait du bénévolat chaque semaine à la Mission Bon Accueil et à la Maison du Père lance quand même un cri du cœur pour les personnes itinérantes qui, déplore-t-il, vivent présentement une situation «atroce». 

«Je continue de faire du bénévolat, de servir des repas dans les ressources, et on voit énormément de détresse et de vulnérabilité. Dan Bigras en a souvent parlé en entrevue: on a beau dire aux gens de rester chez eux, mais quand ton chez-toi, c’est dans la rue... Où tu vas?», s’inquiète Jean-Marie Lapointe, qui a dû annuler des conférences et des entraînements sportifs dans le contexte, et qui aide son papa, Jean Lapointe, à faire ses courses au quotidien. 

Œuvre utile 

Le propos de Face à la rue et de Fin de mois, les deux docu-réalités que Jean-Marie Lapointe a proposés à MOI ET CIE dans les trois dernières années, va d’ailleurs dans le sens de son engagement dans la communauté. 

Diffusées aux printemps 2017 et 2018, les deux saisons de «Face à la rue» sont toujours disponibles en rattrapage sur la plateforme tva.ca, tout comme Fin de mois, dont la première année est aussi rediffusée du mercredi au vendredi à 6 h 30, à MOI ET CIE. 

L’animateur et son équipe s’apprêtaient d’ailleurs à tourner une deuxième saison de Fin de mois lorsque la pandémie a commencé à frapper le Québec. Les enregistrements sont mis sur la glace pour l’instant. 

Même si les deux séries ne sont plus relayées en diffusion originale, elles font toujours œuvre utile. Et Jean-Marie Lapointe aimerait réaliser d’autres projets dans la même veine, pour continuer de sensibiliser la population aux enjeux qui touchent les gens stigmatisés. Il souhaiterait d’ailleurs revenir sur la présente situation avec des hommes et des femmes qui subissent la période de confinement sans domicile fixe, dans une émission de télévision. 

«Toute l’équipe, producteurs, techniciens, on a tous changé notre regard face aux personnes de la rue. On les regardait avec tellement plus de compassion et de bienveillance, et on espérait qu’il se passerait la même chose pour le public. Et c’est ce que j’ai reçu comme "feedback" de la part des gens qui ont regardé la série. On m’a souvent dit: "Je ne regarderai plus jamais un gars de la rue de la même façon, j’ai envie de les aider, de leur tendre la main, de leur donner de l’argent, alors qu’avant, je les jugeais ou les ignorais". Ç’a été un impact majeur par rapport à notre comportement, et je pense qu’une belle dose d’amour a été lancée avec "Face à la rue". On se croise les doigts pour que ça puisse durer.» 

Éveiller les consciences 

C’est d’ailleurs le genre de projet qui anime le plus Jean-Marie Lapointe à ce stade-ci de sa carrière. 

«Complètement, confirme ce dernier. J’ai envie de travailler dans des projets qui résonnent en moi et font du sens. Je pense que les projets qu’on fait peuvent être un vecteur de changement. Ça ne veut pas dire qu’on se transforme en mère Teresa du jour au lendemain, mais on a le potentiel d’éveiller les consciences. Je suis comédien et musicien, mais, jusqu’à maintenant, dans ma carrière, je n’avais pas fait de projets qui m’avaient fait sentir aussi utile et "sur mon X" que "Face à la rue" et "Fin de mois".» 

On peut voir ou revoir «Face à la rue» et «Fin de mois» sur tva.ca. Face à la rue est aussi en rediffusion sur MOI ET CIE.