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Les hôpitaux de Paris vont produire en 3D les équipements qui leur manquent

Agence France-Presse

Visières de protection, masques, pièces pour respirateurs, matériel d'intubation... Les hôpitaux de Paris se lancent dans la production par imprimante 3D d'équipements qui leur font cruellement défaut.

Dès mercredi soir, le projet «3D COVID» va permettre de «produire en grande quantité des dispositifs médicaux pour faire face aux demandes de matériel inédites en cette période d'épidémie», expliquent les hôpitaux parisiens (AP-HP) dans un communiqué.

Dans le parc adossé à l'hôpital Cochin, dans le sud de la capitale française, une soixantaine d'imprimantes 3D vont cracher les matériels demandés par les soignants, d'après un dispositif préalablement homologué et validé par un comité scientifique. Des procédures accélérées, mais solides, insiste l'AP-HP.

Valves, matériel d'intubation, respirateurs, pousse-seringues, masques vont être ainsi développés avec de grands industriels français et leur production commencer le plus rapidement possible.

La région parisienne est la plus touchée de France avec 2700 patients infectés par le coronavirus, en réanimation.

«Selon le type d'équipement et sa complexité, on sera capable de sortir de 300 objets par jour à 3000 par semaine», se félicite le Dr Roman Khonsari, chirurgien maxillo-facial à l'origine du projet.

Par sa spécialité, le praticien s'intéresse de longue date à la 3D, utilisée pour planifier ses opérations et au bloc, lors des interventions réparatrices. En novembre dernier, il a ouvert un laboratoire de recherches dédié au sein de son hôpital, avec l'appui financier de la fondation des Gueules cassées, créée lors de la Première Guerre mondiale.

Ce projet de l'AP-HP bénéficie d'un financement du groupe de luxe Kering et de l'expertise d'une jeune entreprise française, Bone3D, spécialisée dans l'impression 3D médicale.

Trois de ses ingénieurs se relaieront 24 h/24 pour assurer le suivi de la production.

Cette mini-usine relève du prodige: le projet est sorti de terre en dix jours, mobilisant une cinquantaine de médecins, ingénieurs, développeurs et entrepreneurs du secteur privé.

Les procédures de validation sont accélérées pour répondre à l'urgence alors que certains équipements souffrent de pénurie chronique depuis le début de l'épidémie et que d'autres viennent à manquer devant l'afflux de malades.

Déjà, certains modèles de visières protectrices produites par des imprimantes 3D ont été offerts aux médecins.

«Mais, même en temps de crise, on ne peut se permettre le moindre défaut - les matériels ne peuvent pas lâcher en cours d'intervention» rappelle le Dr Khonsari.

Le site de production va commencer à sortir des pièces simples pour des dispositifs d'aspiration, des masques de réanimation, des montants de lunettes de protection et même des poignées pour ouvrir les portes avec l'avant-bras, sans les toucher.

«Il reste des équipements qu'on ne peut pas produire en 3D, comme des surblouses par exemple. Mais pour les trois-quarts, c'est possible», assure le chirurgien.

De nombreux soignants protestent en France contre le manque de matériel à leur disposition face à l'épidémie de coronavirus.

Plusieurs entreprises ont adapté dans l'urgence leur production, à l'image d'un fabricant de tissus nautique dans l'ouest de la France, reconverti dans la confection de visières de protection.

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