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La pénurie d’équipement «serait une catastrophe»

Cédérick Caron | Journal de Montréal

Dr Michel De Marchi, Médecin

Capture d'écran, TVA Nouvelles

Dr Michel De Marchi, Médecin

Une pénurie d’équipements de protection pour le personnel médical aurait de graves conséquences sur les soignants et les patients dans le contexte de la lutte à la COVID-19.   

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« Ce serait une catastrophe. Le problème, c’est que ce virus se transmet très facilement. [...] Le personnel serait à haut risque [d’être contaminé] et si on perd trop de membres dans nos équipes, le problème risque de se répercuter dans les soins aux patients », explique Michel De Marchi, médecin intensiviste à l’Hôpital général juif de Montréal.    

Faire attention  

Hier, le premier ministre du Québec, François Legault, a affirmé que pour certains équipements de protection, il ne restait que pour 3 à 7 jours de stock.    

Cette crainte de pénurie force les autorités à demander au personnel soignant de faire très attention à l’utilisation du matériel de protection.    

Certains, qui ne peuvent pas avoir accès à ce type de matériel, en sont même venus à se fabriquer du matériel artisanal.     

Le Dr De Marchi explique avoir acheté une partie de son propre matériel de protection pour éviter de devoir partager avec des collègues.    

« L’autre fois, j’ai attendu 10 minutes pour qu’une visière soit disponible pour aller voir mon patient. Après je me suis acheté mes propres lunettes de protection et ma propre visière », raconte-t-il.    

Revoir les normes  

M. Legault a aussi précisé qu’on ne demanderait pas au personnel soignant de se mettre en danger.     

« Ça veut dire quoi ? Que si on n’a plus de masques, on ne donne plus de soins à la population ? » s’inquiète Denis Provencher, président du Syndicat des professionnelles en soins des Laurentides.    

Questionné à savoir si des médecins pourraient refuser de traiter des patients s’ils sont moins bien protégés, le Dr Mauril Gaudreault, président du Collège des médecins, a répondu : « On n’est pas rendu là, mais si on y arrive, l’intérêt du patient devra être au cœur de nos décisions. Il y a des spécialistes en éthique qui se penchent déjà sur la question ».    

« Il faut comprendre qu’en ce moment, on a la Cadillac des mesures de protection. [Si une pénurie survient], il faudra revoir la procédure de protection et l’adapter », affirme le Dr Christian Campagna, président de la Fédération des médecins résidents du Québec, conscient que cela pourrait entraîner une augmentation des risques d’attraper le coronavirus.    

– Avec Dominique Scali, Le Journal de Montréal