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Débouté en Cour suprême pour avoir refusé de collaborer avec son assureur et la police

Emmanuel Martinez | Agence QMI

Main Building and headquarters of the Supreme Court of Canada, in Ottawa, Ontario. Also known as SCOC, it is the highest justice body of Canada.

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Si vous ne voulez pas collaborer avec votre assureur et les policiers, ne vous attendez pas à recevoir votre indemnité lors de l’incendie criminel de votre véhicule.

C’est la leçon qu’a apprise un homme de Montréal qui a tenté de se rendre en Cour suprême pour toucher 57 500 $ de la part de la compagnie d’assurance Échelon pour sa Lexus incendiée en juin 2017.

Le plus haut tribunal du pays a refusé jeudi d’entendre l’appel de Zakaria Rizqy, qui avait aussi été débouté en Cour d’appel après avoir mordu la poussière en Cour du Québec l’an dernier.

La juge Magali Lewis avait alors noté que le demandeur «a fait tout ce qui était en son pouvoir pour ne pas collaborer à l’enquête criminelle et l’enquête de la défenderesse [la compagnie d’assurance]».

Deux assurances

Zakaria Rizqy poursuivait son assureur qui refusait de lui verser le montant de 57 500 $, provenant de deux assurances pour un même véhicule évalué à 22 500 $, qu’il dit avoir payé comptant en Colombie-Britannique en 2012.

Il faut dire que cet homme au casier judiciaire bien garni ne s’était vraiment pas aidé lors de la présentation de sa preuve en Cour du Québec en livrant un témoignage contenant des «contradictions» selon la juge.

Son véhicule avait été retrouvé en flamme dans un cul-de-sac sur la 54e rue dans le quartier Saint-Michel en fin d’après-midi le 9 juin 2017. Pour éteindre le brasier, les pompiers avaient dû briser des vitres parce que la voiture était verrouillée. Ils ont retrouvé «un bidon de cinq gallons plein d’essence derrière le siège du conducteur, le bouchon enlevé et un morceau de papier buvard inséré dans le goulot pour servir de mèche», selon le jugement de Magali Lewis du 9 avril 2019.

Puisqu’il n’avait pas le droit de conduire un véhicule, Zakaria Rizqy a affirmé que la voiture avait été stationnée à cet endroit, où il n’y a pas de caméra de surveillance à proximité, par un ami qui était allé le reconduire pour aller chez le coiffeur environ une heure plus tôt. Or, cet ami, dont le témoignage a été considéré comme peu crédible, n’a pas pu expliquer pourquoi il a garé le véhicule à plus de cinq minutes de marche du coiffeur. Zakaria Rizqy n’a pas non plus été très convaincant en expliquant pourquoi il avait demandé à son ami de le reconduire avec sa voiture chez le coiffeur, sachant qu’ils allaient tous deux devoir repartir à pied, puisque son ami n’allait pas l’attendre.

Celui qui s’était doté de deux polices d’assurance en cas de perte de son véhicule a aussi semblé manquer d’arguments pour dire pourquoi il avait refait immatriculer son véhicule à son nom trois jours auparavant, alors qu’il savait qu’il n’allait pas récupérer son permis avant l’année suivante.

Auparavant, Zakaria Rizqy avait même posé de nombreuses questions à son assureur pour connaître les modalités à respecter pour pouvoir toucher son indemnisation en cas de perte, l’une étant que le véhicule devait être immatriculé à son nom.