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Les détenus de Bordeaux lancent un cri d’alarme

Félix Séguin | TVA Nouvelles

Les prisonniers de l’établissement de détention de Montréal, mieux connu sous le nom de prison de Bordeaux, lancent un cri d’alarme. Ils croient que plusieurs d’entre eux ont contracté la COVID-19.     

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«Nous demandons le droit à la vie que tout être humain a droit d’obtenir», lance un regroupement de détenus dans une lettre transmise à notre Bureau d’enquête.     

« Nous comprenons que plusieurs d’entre nous n’avons pas respecté la loi et l’ordre de notre pays, mais cela ne consiste pas à nous condamner à contracter une maladie dévastatrice reconnue comme meurtrière à travers la planète», déplore le groupe de détenu.     

«Nos vies sont mise en danger à tous les jours lorsque les gardiens entrent dans nos espaces de vies sans mesures propres à la non-propagation du virus», déplore le regroupement.     

Quarantaine et cas positifs     

Bien qu’il n’y ait qu'un seul cas de la COVID-19 confirmé dans les pénitenciers provinciaux, une quarantaine de détenus affirme maintenant présenter des symptômes du coronavirus.    

Le ministère de la Sécurité publique affirme qu’il a «mis en place de nombreuses mesures pour protéger les membres du personnel et les personnes en détention.»    

Depuis le 26 mars, les personnes incarcérées admises sont mises en confinement pendant 14 jours avant d’intégrer leur secteur respectif.    

COVID-19 et souris morte     

Les conditions insalubres à la vieille prison de Bordeaux sont depuis longtemps déplorées par les détenus.     

Pour le démontrer, un prisonnier a pris une photo d’un contenant dans lequel se trouve un rongeur capturé dans une cellule. Dans l’autre main, le détenu tient l’édition papier du Journal de Montréal du 25 mars dernier.     

  

  

«Même si nous sommes détenus, nous sommes des pères, des frères, des fils et des conjoints de quelqu’un. Nous avons des familles qui tiennent à nous», expriment-ils dans la lettre.     

«Il est temps que les détenus qui ne présentent aucun risque de récidive pour la société et ceux qui sont malades soient libérés», affirme l’avocat Pierre Tabah.     

Le réputé spécialiste en droit carcéral estime aussi que plusieurs détenus sont dans un état de panique.      

«La panique ce n’est jamais une bonne chose à l’intérieur des murs», rapporte anonymement un gardien de la prison de Bordeaux.     

Dans une déclaration envoyée à l’Agence QMI, le ministre fédéral de la sécurité publique, Bill Blair, dit envisager la possibilité de libérer des prisonniers en raison de la COVID-19, qui inquiète dans les pénitenciers fédéraux.     

PRÉCISION : Une première version de ce texte affirmait que deux cas de COVID-19 avaient été confirmés à la prison de Bordeaux. Ces informations avaient été transmises à notre Bureau d'enquête par le ministère de la Sécurité publique. Celui-ci a par la suite affirmé que ce n'était pas le cas.  

En ces temps particuliers, notre Bureau d'enquête est appelé à couvrir la pandémie de COVID-19 à plein temps.  

Si jamais, vous voulez nous communiquer de l'information qui aiderait notre couverture des événements, nous vous serions reconnaissants.  

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