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Pas de géolocalisation «à court terme», dit François Legault

Jean-Louis Fortin | Bureau d'enquête

Photo Didier Debusschère

Le premier ministre François Legault reconnaît que la Sûreté du Québec se prépare à géolocaliser des citoyens pour faire respecter des ordres de confinement pendant la pandémie de coronavirus, mais affirme qu'on n'aura pas recours à cette pratique «à court terme». 

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«La Sûreté du Québec est en train de faire une analyse pour voir si on pourrait utiliser la géolocalisation, entre autres via les cellulaires», a reconnu vendredi M. Legault lors de son point de presse quotidien.     

Il confirmait ainsi une information d’abord révélée par notre Bureau d’enquête. 

«Est-ce que, si la situation [concernant le nombre de cas] était différente dans une semaine, dans deux semaines, on accepterait la proposition de la Sûreté du Québec? Peut-être», a poursuivi le premier ministre.     

En anglais, François Legault a ajouté qu’il veillerait à s’assurer de la protection de la vie privée et des renseignements personnels des citoyens.     

D’autres moyens   

Le directeur des communications de la SQ, Guy Lapointe, a pour sa part soutenu que, si la géolocalisation est utilisée, ce sera «en dernier recours».     

Selon lui, il faudrait que les policiers soient incapables de retrouver un individu avec d’autres moyens usuels avant de demander à un fournisseur de services cellulaires de leur donner accès à son téléphone.     

«Il faut qu’il y ait urgence de trouver cette personne-là, et qu’on ait épuisé les autres moyens», dit-il. Par exemple, les policiers qui cherchent à retrouver un individu tenteront d’abord de cogner à sa porte et d’appeler ses proches.     

Messages textes   

La géolocalisation pourrait entre autres être utilisée pour retrouver un individu injoignable à qui les autorités voudraient signifier que les résultats de ses tests de dépistage de la COVID-19 sont positifs, illustre l’inspecteur-chef Lapointe.     

De façon exceptionnelle, les policiers pourraient également utiliser le registre d’appels ou de messages textes (SMS) pour savoir avec qui communique la personne qu’ils cherchent à retrouver. Pas question d’accéder au contenu des messages ou à des conversations, assure-t-on.     

En Chine et en Corée du Sud, la géolocalisation a été utilisée à grande échelle pour faire respecter des ordres de confinement.      

Dans un contexte de santé publique, explique-t-on à la SQ, c’est l’ordre d’un directeur de santé publique qui donne aux policiers le droit d’utiliser tous les moyens raisonnables pour trouver un individu, y compris la géolocalisation.     

Traditionnellement, de telles mesures de surveillance sont utilisées au Québec pour traquer des criminels. Dans ces cas, l’approbation d’un juge de paix doit d’abord être obtenue.

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