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Un site pour dépister des cas probables de COVID-19

Dominique Cambron-Goulet | Journal de Montréal

Joël Lemay / Agence QMI

La direction de santé publique de Montréal a lancé vendredi un site web qui permet aux citoyens de déclarer eux-mêmes des symptômes ressemblant à ceux de la COVID-19, pour aider à dresser un portrait des cas probables.  

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Les citoyens de l’île de Montréal qui présentent des symptômes sont invités à se rendre sur le site web aplatir.ca. Ils pourront indiquer quels symptômes ils ressentent et doivent fournir la moitié de leur code postal.  

«On ne retrace pas les gens grâce à ce site, mais ça nous aide à avoir un meilleur portrait, a indiqué vendredi la directrice de santé publique, Dre Mylène Drouin. Ça va nous permettre d’avoir des cartographies des cas potentiels et des individus vulnérables.  

La santé publique agit ainsi à cause du nombre limité de tests. «Nous privilégions de tester des endroits où on peut avoir des éclosions comme les résidences de personnes âgées, les travailleurs de la santé et les travailleurs essentiels», a indiqué vendredi la directrice de santé publique, Dre Mylène Drouin.  

Davantage de cas  

La directrice de santé publique croit que le site web, qui est également disponible en anglais, pourrait aider au dépistage dans certains quartiers où il y a encore peu de cas recensés.  

«Ce qu’on a comme cas, c’est ceux qui ont décidé d’aller se faire dépister. Pour certains quartiers on se pose la question s’il n’y a pas plus de gens symptomatiques qui auraient dû aller se faire dépister», a souligné Dre Douin.  

Elle n’exclut d’ailleurs pas de garder quelques tests de dépistage pour des communautés culturelles qui seraient plus difficiles à rejoindre.  

Les pauvres plus affectés  

La directrice du Centre de recherche en santé publique de l’Université de Montréal et du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, Louise Potvin, rappelle que dans ce genre d’épidémie, les personnes dont le statut socio-économique est plus bas sont généralement les plus affectés.  

«Les gens qui sont moins aisés vivent dans des endroits plus densément peuplés, à plusieurs dans de plus petits logements et ont de la difficulté à éviter les transports publics pour se transporter», expose Mme Potvin entre autres facteurs.   

Or, cela ne paraît pas encore dans les 2837 cas qui étaient recensés vendredi. Des foyers d’éclosions importants sont situés notamment à Côte-Saint-Luc (154 cas) et Outremont (98 cas) pour de petites populations, tandis que dans certains quartiers moins fortunés on recense pour l’instant très peu de cas, comme à Montréal-Nord (55 cas).  

«[Les gens plus bas dans l’échelle socio-économique] sont aussi beaucoup plus à risque de ne pas se faire tester, notamment pour des raisons d’accès à l’information, explique Louise Potvin. En ce moment ce qu’on voit c’est là où il y a des éclosions. On ne voit pas là où il y a de la transmission communautaire.»  

Une répartition à venir  

Mme Potvin croit que dans les deux prochaines semaines, les cas vont s’étendre «plus équitablement sur l’ensemble du territoire». «Sauf probablement dans le West Island, là où les gens ont leur bungalow, où ils peuvent utiliser la voiture et sont plus à même de se mettre plus en distance physique avec les autres», avance-t-elle.