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Nourrir les Québécois est devenu une priorité de François Legault

Jean-Michel Genois Gagnon | Le Journal de Montréal

Marcel Groleau, devant le siège social de l’UPA.

Photo d'archives

Marcel Groleau, devant le siège social de l’UPA.

Devant « un risque réel de pénurie alimentaire » sur le marché mondial en raison de la COVID-19, le gouvernement veut solidifier la chaîne d’alimentation du Québec.   

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Au cours des derniers jours, l’Organisation des Nations Unies (ONU), l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont soulevé la possibilité d’une rareté de certaines denrées.  

Les États-Unis et l’Europe, soit les deux plus grands producteurs agricoles mondiaux, sont actuellement durement frappés par la pandémie.  

Hier, le premier ministre François Legault a mentionné qu’il souhaitait que le Québec produise davantage localement et que la province soit plus autonome.  

« On n’aurait peut-être pas pensé ça il y a un mois ou deux, mais un des services essentiels, c’est de nourrir la population », a indiqué M. Legault.   

« On le voit, à partir du moment où on ferme les abattoirs pour des raisons sanitaires, bien, les animaux qui devaient être abattus, là, s’empilent, puis ça crée un gros problème pour les producteurs », poursuit-il.  

Priorité  

Pour l’Union des producteurs agricoles (UPA), après le système de santé, le gouvernement doit faire de la sécurité alimentaire sa priorité.  

Selon l’organisation, un ralentissement des récoltes pourrait se traduire par une augmentation des prix sur les marchés. Mais encore, certains pays, afin de protéger leurs réserves, pourraient même diminuer leurs exportations.   

Le président de l’UPA, Marcel Groleau, rappelle qu’en 2008 avec la hausse du prix notamment des céréales, il y avait eu « les émeutes de la faim » dans plusieurs pays en Asie et en Afrique.   

« Nous avons des décisions à prendre maintenant pour assurer notre sécurité alimentaire. Cela doit être une préoccupation », indique M. Groleau. « On ne sait pas comment cela va aller. On vient de voir que les États-Unis vont limiter l’exportation de masques », poursuit-il.  

Ce dernier estime que l’industrie agricole québécoise et canadienne se retrouve présentement à un moment critique dans l’année. Il ajoute qu’il est impossible « à court terme » d’augmenter davantage la production.   

« Il faut que Québec soit pleinement opérationnel à ce moment ici si on veut avoir le maximum de récoltes », dit-il, faisant entre autres allusion à la main-d’œuvre qui sera nécessaire pour soutenir la production.  

Le président de l’UPA tient toutefois à préciser qu’il va toujours y avoir des aliments sur les tablettes au Québec.   

« À quelques cheveux »  

Selon le professeur en distribution agroalimentaire à l’Université Dalhousie Sylvain Charlebois, le monde « se trouve à quelques cheveux d’un ralentissement majeur du commerce des biens agroalimentaires ».   

« L’incertitude sur la disponibilité des aliments peut littéralement déclencher une vague de restrictions à l’exportation, créant une pénurie sur le marché mondial », estime-t-il, précisant que la Russie a déjà publié un décret gouvernemental établissant un quota d’exportation pour certaines céréales jusqu’à la fin du mois de juin.

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