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Un criminel est libéré à cause de la pandémie

Michael Nguyen | Le Journal de Montréal

Gérald O'Reilly

Photo d'archives, Chantal Poirier

 Un contrebandier de tabac octogénaire a obtenu une libération conditionnelle totale en raison de la crise de la COVID-19 qui le mettait plus à risque s’il restait détenu ou s’il allait en maison de transition. 

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« Vous faites partie de la population la plus à risque, résider dans une maison de transition, avec des espaces communs, augmenterait les chances de contracter la COVID-19 », peut-on lire dans une récente décision des libérations conditionnelles concernant Gerald O’Reilly. 

Le riche homme d’affaires de l’ouest de Montréal âgé de 86 ans purgeait une peine de cinq ans de pénitencier pour avoir été la tête dirigeante d’un important réseau de contrebande de tabac. En deux ans, entre 2006 et 2008, son groupe avait vendu illégalement au moins 21 millions de cigarettes, pour une valeur de 5 millions $. 

Il avait tenté d’obtenir une libération conditionnelle l’automne dernier, mais elle lui avait été refusée parce qu’il avait « tendance à ne pas se plier aux règles ».  

Détenus âgés 

La situation a changé depuis, avec la crise de la COVID-19 et l’urgence sanitaire. 

Dans la décision, les commissaires disent avoir reçu une directive pour les détenus de plus de 70 ans, soit les plus à risque de décéder s’ils contractent le coronavirus, les enjoignant de les entendre rapidement. 

Cela a permis à O’Reilly d’avoir une autre audience. Les commissaires ont également pris en compte que le risque de récidive était faible et qu’il ne représentait pas de risques pour la société. 

Détenus à risque 

Depuis le début de la crise, des avocats réclament des mesures afin de limiter le risque de propagation dans les prisons.  

Des détenus ont aussi fait part au Journal de leur crainte d’être exposés au coronavirus, entre autres, en raison de la surpopulation dans les établissements. 

L’Association des avocats et avocates en droit carcéral du Québec a proposé par exemple de libérer les détenus purgeant des peines pour des délits non violents, ou encore ceux atteints de maladies chroniques ou avec un système immunitaire déficient.  

Ces personnes pourraient se faire ordonner une assignation à résidence, explique l’association.

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