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Ils sont sans argent et laissés de côté par le gouvernement

Jules Richer | Le Journal de Montréal

Coronavirus - Covid-19

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 Malgré leur ampleur sans précédent, les programmes d’aide pour les personnes privées d’emploi à cause de la pandémie de COVID-19 font un grand nombre d’oubliés. La semaine dernière, le Centre canadien des politiques alternatives calculait que près du tiers des 3,3 millions de chômeurs actuels tombent entre les mailles du filet et se retrouvent donc sans source de revenus. Pour témoigner de cette réalité, nous avons lancé un appel à nos lecteurs placés dans des situations éprouvantes. Voici ce que vous nous avez confié.   

Propriétaires qui se versent des dividendes  

Nancy Gagné (Saint-Isidore, beauce)     

Moi et mon conjoint sommes propriétaires d’un garage sans aucun employé.        

Nous ne pouvons avoir la PCU [Prestation canadienne d’urgence], car nous nous versons des dividendes. De plus, nous ne sommes pas admissibles aux programmes de prêts d’urgence pour les PME (petites et moyennes entreprises).         

Plusieurs petits entrepreneurs sont dans le même bateau que nous et la seule bouée qu’on nous lance n’est pas gonflée.         

Suis-je assez naïve au point d’espérer que c’est une omission et que nous pourrions être inclus dans un programme d’urgence ?        

Revirement de situation pour les pompiers volontaires  

Patrick Gagné (Plessisville)     

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Je suis pompier à temps partiel sur appel et j’ai été mis à pied de mon emploi régulier de dessinateur mécanique à cause de la COVID-19.         

Si je touchais des revenus comme pompier, je n’aurais pas eu accès à la PCU. Je devais donc envisager de refuser d’être pompier pour sauver la situation financière de ma famille !        

Mais, heureusement, à la dernière minute, ce vendredi, le gouvernement a compris. Nos revenus de pompiers sur appel ne nous pénaliseront pas pour l’obtention de la PCU.        

Entre les craques  

Audrey Fréchette-Lefebvre (Lévis)     

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J’ai été étudiante en 2019. J’ai travaillé de fin janvier à fin février dernier.         

On m’a congédiée, car, selon eux, je ne satisfaisais pas aux critères d’emploi. Lorsque les écoles ont fermé, j’ai dû garder mon enfant qui a des besoins particuliers.         

Mon conjoint a été mis à pied temporairement. Mais moi je ne suis pas admissible au chômage, à la PCU [Prestation canadienne d’urgence] et au PATT [Programme d’aide temporaire aux travailleurs]. Je tombe malheureusement « entre les craques » du système.         

Pris avec l’assurance-emploi  

Mario Dubé (Rivière-du-Loup)     

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Je suis sur l’assurance-emploi depuis l’automne 2019. J’ai débuté un programme [...] qui aide les chômeurs [...] à faire des démarches efficaces en recherche d’emploi.         

Avant l’arrivée de la crise pandémique et économique, j’avais bien des démarches de recherches actives. J’étais en attente pour être convoqué à deux entrevues. Mais, avec les consignes mises en place, tout a basculé. Mes prestations d’assurance-emploi se termineront le 16 mai environ.         

Comme je ne suis pas admissible à la PCU, je me retrouverai alors dans une situation extrêmement difficile financièrement. Il me semble que le gouvernement Trudeau devrait mettre sur pause nos prestations actuelles d’assurance-emploi et nous verser la PCU pour la même durée que les autres.        

Aucun programme pour lui  

Célestin Simard (Rivière-du-Loup)     

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Je suis propriétaire de deux bars. Nous avons eu l’obligation de fermer le 15 mars.        

Aucun programme ne semble s’appliquer à mon cas. Je ne me qualifie pas pour la PCU et pour la subvention salariale de 75 %, puisque je ne suis pas salarié : mes rémunérations sont en dividendes.         

Mes entreprises ne se classent pas non plus pour le programme de prêt sans intérêt de 40 000 $, puisque plus de 50 % de mon chiffre d’affaires provient de la vente d’alcool.         

Je me heurte donc à tous les trous du système.        

Plus d’argent en banque  

Nicolas Roy (Québec)     

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Je suis à la recherche d’emploi depuis février. J’ai vécu avec le peu d’économie que j’avais depuis, mais maintenant je n’ai plus d’argent en banque et je ne suis plus capable de payer mes comptes.         

Depuis la crise, les employeurs qui recherchent le plus présentement ne retournent pas les appels, même si c’est très urgent selon eux.         

Je ne suis malheureusement pas admissible au chômage ni à la PCU. Donc, je n’ai aucune aide en ces moments difficiles.        

Entrepreneur déçu  

Francis Cotton (Dollard-des-Ormeaux)     

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Mes prestations d’assurance-emploi ont fini en février. Depuis, j’ai dû vivre en retirant des REER, ne voulant pas aller sur l’aide sociale.         

Je me disais, ça va aller, je vais me retrouver du boulot. Je suis analyste, mais j’ai aussi essayé de faire décoller une petite entreprise qui vend des articles pour bébé.         

Maintenant que les magasins sont fermés, je ne peux plus vendre de produits et je ne peux plus travailler comme analyste, les bureaux étant tous fermés. Je n’ai donc droit à rien. Ça m’apprendra à vouloir me lancer en affaires.         

Que faire maintenant ?        

Aucune aide, car il est conseiller municipal  

Jean-Philippe Bachand (Amos)     

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Je suis ostéopathe et j’ai cessé de pratiquer pour des raisons évidentes depuis plus d’un mois.         

Toutefois, je suis également conseiller municipal avec un revenu de 200 $ par semaine et, dû au fait de cette implication, je n’ai droit à aucune aide.         

Monoparental une semaine sur deux, avec deux jeunes enfants, je dois me trouver un emploi d’ici quelques semaines.        

Selon moi, tous devraient avoir droit à la PCU. Les gouvernements pourraient faire les corrections lors du prochain rapport d’impôt [quand la situation sera revenue plus normale]. Plus simple et plus efficace, surtout dans une situation exceptionnelle.        

La marge de crédit se remplit  

Line Beaulieu (Montréal)     

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Je fais partie des 1,2 million de personnes qui étaient sans emploi avant la crise. Je suis découragée, car je suis sans revenu depuis la fin de 2019.         

J’ai fait une demande à l’assurance-emploi et appris à la mi-mars que je n’étais pas admissible à cause d’un manque d’heures. J’ai 55 ans et je n’avais jamais fait de demande d’assurance-emploi auparavant. J’étais donc en recherche active d’emploi quand le fameux virus a commencé à faire ses ravages.         

Avant le 2 avril, avec les dires de M. Trudeau, j’étais certaine d’avoir droit à la PCU [Prestation canadienne d’urgence] et, depuis que j’ai lu la mise à jour des règles, je n’y ai plus droit.         

J’ai vraiment peur de ne plus arriver à payer mes factures et, surtout, à ne pas retrouver d’emploi. Le solde de ma marge de crédit augmente de plus en plus.         

Comment vais-je passer au travers de cette crise ? Je vous le demande.