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La crise complique le maintien à domicile de gens vulnérables

Amélie St-Yves | Journal de Montréal

Alain Gaudet

Courtoisie

Des gens vulnérables qui bénéficient normalement d’aide à domicile choisissent de se priver de ces précieux coups de main en ce temps de pandémie, car leur vie serait hautement menacée si la covid-19 entrait chez eux. 

Sylvie Séguin est déjà sur un respirateur en tout temps, et attraper la covid-19 pourrait lui être fatal.

Photo courtoisie

Sylvie Séguin est déjà sur un respirateur en tout temps, et attraper la covid-19 pourrait lui être fatal.

Sylvie Séguin vit déjà sur un respirateur 24 heures par jour, à cause de son amyotrophie spinale, qui affaiblit les muscles respiratoires. Contracter la COVID-19 pourrait lui être fatal. 

Elle a pris la décision de ne plus recourir aux services d’une préposée à domicile qui allait la voir une journée par semaine pour donner du répit à sa conjointe. 

La femme de 51 ans de Trois-Rivières a également choisi de ne plus recevoir son fils de 10 ans, en attendant que les choses se calment. «C’est très difficile, mais il faut ce qu’il faut», laisse-t-elle tomber. 

À Shawinigan, Manon Godcher, 51 ans, a également décidé de se priver de l’aide qu’elle recevait cinq soirs par semaine pour ses deux fils de 21 et 28 ans vivant avec une déficience intellectuelle et une santé précaire. 

Elle assume maintenant la routine du soir avec son mari de 59 ans, qui a subi un accident vasculaire cérébral (AVC) il y a quelques années. C’est exigeant, mais elle ne voit pas d’autres solutions. 

«On oublie ça, il n’y a personne de l’extérieur qui va rentrer ici, parce que mes fils sont vraiment fragiles», indique-t-elle. 

Effectifs réduits 

D’autres, comme Alain Gaudet de Trois-Rivières, n’ont pas le choix d’avoir de l’aide. Cet homme de 47 ans a besoin d’assistance au lever et au coucher, comme à l’heure des repas. Il souffre également d’amyotrophie spinale. 

Il reçoit normalement de l’aide de 14 employés par semaine, mais il a réduit le nombre à 4 pour être en contact avec le moins de gens possible. 

«J’ai l’impression que je vis dans un film, pis on se doute tous que l’acteur, à la fin, il va partir. Mais je trouve qu’à date, c’est moi qui ai le plus beau film», explique-t-il. 

L’hygiène exemplaire et le confinement font partie de son quotidien depuis des années, mais dans le contexte de pandémie, c’est encore pire. Ses employés doivent se laver les mains fréquemment, porter des gants au besoin et respecter les consignes d’isolement hors du travail. 

Exemplaire 

Les gens qui travaillent comme aide à domicile doivent se surveiller étroitement pour ne pas contaminer les gens avec qui ils travaillent. 

Stéphanie Marinier de Rawdon, dans Lanaudière, prend notamment le temps de se changer de vêtements quand elle passe d’un bénéficiaire à l’autre. Elle ne se gêne pas pour en faire un peu plus quand elle le peut, comme donner un coup de pouce pour les courses. 

«Ce n’est pas le temps de parler de sous, c’est le temps de donner au suivant et d’aider son prochain», souligne-t-elle.

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