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Des petites salles en péril

Raphaël Gendron-Martin - Journal de Montréal

Cabaret Lion d'Or

Courtoisie

​La crise du coronavirus fait très mal aux petites salles de spectacles. L’une d’entre elles, le cabaret Lion d’Or, pourrait même avoir fermé ses portes pour de bon, il y a quelques jours.  

«Je ne sais pas si on va être capable de s’en sortir. [...] Les conséquences financières pour moi vont être catastrophiques. J’ai arrêté de compter, mais je suis déjà à un demi-million [de dollars] de pertes.»  

Au bout du fil, la directrice générale du Lion d’Or, Sara Castonguay, essaie de ne pas se décourager. Il y a quelques jours, elle a dû remercier les 60 employés du Lion d’Or. Elle a dû elle-même se mettre à pied quelques heures plus tard, car elle n’avait plus les moyens de se payer.  

Le Lion d’Or étant un organisme à but non lucratif (OBNL), il n’était initialement pas couvert par les premiers programmes d’aide annoncés par le gouvernement Trudeau, au début de la crise. Il y a quelques jours, Sara Castonguay a toutefois appris qu’elle devrait finalement avoir droit à un prêt du gouvernement de 40 000$, comme c’est le cas dorénavant pour les OBNL.   

«Malgré tout, on est loin de recouvrer nos pertes financières, et surtout, je demeure vraiment incertaine quant à la réouverture de la salle», indique-t-elle.  

À la Sala Rossa, le fondateur Mauro Pezzente reconnaît être dans la même situation que le Lion d’Or, car sa salle de spectacle est aussi un OBNL.   

«Quand la crise sera finie, j’ai peur que les gens ne soient pas intéressés à aller dans les salles de spectacles.»  

Aussi difficile à Québec  

À Québec, la situation est tout aussi difficile. Le propriétaire de l’Anti, un bar-spectacle de la Basse-Ville qui présente 360 concerts par année, est inquiet. Il n’est pas représenté par un regroupement de diffuseurs.  

«Les salles subventionnées sont bien représentées pour aller chercher un maximum d’aide au gouvernement. De mon côté, j’ai peur d’être oublié. Je n’ai pas le statut des grandes salles. Je n’ai jamais eu de subvention», dit Karl-Emmanuel Picard.  

Avec la collaboration de Cédric Bélanger

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