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Des prisonniers libérés se retrouvent confinés à l'hôtel

Alexandre Cantin | TVA Nouvelles

Des prisonniers qui ont obtenu leur libération conditionnelle à l'établissement de Port-Cartier se retrouvent à passer deux semaines de plus confinés entre quatre murs, cette fois-ci dans un hôtel de Sept-Îles.

En effet, Service correctionnel Canada loue des chambres à l'hôtel des gouverneurs pour héberger les détenus bénéficiant d'une libération conditionnelle pendant 14 jours pour s'assurer qu'ils n'ont pas contracté le coronavirus lors de leur séjour derrière les barreaux.

À Port-Cartier, 19 employés et cinq détenus ont reçu un diagnostic positif de COVID-19.

«Des mesures de sécurité ont été mises en place afin de protéger la sécurité du public et assurer que les délinquants nouvellement libérés respectent les consignes d'auto-isolement» peut-on lire dans une réponse écrite de Service correctionnel Canada transmise à TVA Nouvelles.

L'organisme ne précise pas comment ces ex-détenus seront pris en charge après leur quarantaine et s'ils devront rester sur la Côte-Nord. Les transferts entre les établissements carcéraux fédéraux ont été suspendus et le transport en commun entre la Côte-Nord et les autres régions est pratiquement inexistant.

«Suite à leur auto-isolement, les délinquants continueront de purger leur sentence dans la collectivité sous (notre) surveillance», a précisé Service correctionnel Canada.

La députée de Duplessis et porte-parole du PQ en matière de Sécurité publique, Lorraine Richard, juge préoccupant l'hébergement d'ex-détenus dans un hôtel.

«Vous savez très bien que nous n'avons pas de centres de transitions pour les ex-détenus ici dans notre région. Ils vont être en confinement pendant 14 jours à ce qu'on nous dit. Par la suite, si la situation ne revient pas à la normale, ils vont devoir rester combien de temps dans notre région?», s'est inquiétée Lorraine Richard.

La députée de Manicouagan, Marilène Gill, a été rassurée quand les représentants du pénitencier lui ont indiqué qu'une surveillance continue sera assurée à l'hôtel, autant par des agents correctionnels que par une agence de sécurité privée.

«On est en situation de pandémie. Les gens ont déjà des craintes, on ne veut pas augmenter le degré d'anxiété donc, tant le pénitencier de Port-Cartier et Service correctionnel Canada nous assurent que toutes les mesures sont prises pour veiller à la sécurité des gens», a souligné la députée bloquiste.

Le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, estime quant à lui que les détenus souhaiteront quitter rapidement la Côte-Nord une fois leur quarantaine terminée. «C'est bien encadré. J'en ai discuté avec les gens du pénitencier. À partir du moment où c'est bien fait, et que ça respecte ce qui est en place depuis le début, je n'ai rien à dire là-dessus», a-t-il affirmé.