/misc

Insulté à cause de sa nationalité chinoise, un Montréalais témoigne

Myriam Lefebvre

China flag waving against clean blue sky, close up, isolated with clipping path mask alpha channel transparency

railwayfx - stock.adobe.com

Un travailleur du milieu de la santé d’origine chinoise a récemment été victime de racisme. Persuadé qu’il y a un lien entre la crise actuelle de la COVID-19 et cet événement, le Montréalais a accepté de raconter son histoire à QUB radio.

Manquiang Lu est arrivé à Montréal en 2008. Il est préposé aux bénéficiaires dans la région et partage sa vie avec sa femme et sa fille. 

«Tout le monde nous a accueillis très généreusement. Le monde est gentil, est sympathique. Je me sentais vraiment bien», a-t-il expliqué en entretien téléphonique avec Geneviève Pettersen à QUB radio mardi. 

Le 1er avril dernier, alors qu’il faisait des courses, un événement a toutefois largement contrasté à son expérience habituelle. «C’était quand je faisais le paiement chez Jean Coutu. C’est à côté de chez moi. Il y a une madame qui me dépasse. Je trouve ça bizarre parce que je suis dans la file», a-t-il raconté. 

La femme s’est ensuite exclamée à haute voix: «Loser, I don’t want to stand near him (Minable, je ne veux pas rester près de lui)». 

«Elle me dépasse parce qu’elle n’en a rien de moi. [...] J’étais choqué et puis je lui dis: "Madam, I’m before you and you should be polite (Madame, j’étais là avant vous et vous devriez être polie)"», a renchéri M. Lu. 

N’ayant jamais été victime de discrimination auparavant, Manquiang Lu croit définitivement que le geste de la dame a pu être motivé par la crise actuelle du coronavirus, apparu en Chine. 

S’il comprend que les citoyens puissent vivre toutes sortes de frustrations en temps de pandémie, il rappelle pourtant ne pas faire exception à la règle. «C’est une crise pour tout le monde», a-t-il fait remarquer. 

M. Lu croit qu’il est primordial de dénoncer ce genre de situation, à petite ou grande échelle, d’autant plus que d’autres membres de sa communauté ont vécu des histoires similaires depuis l’apparition du virus. 

Plusieurs cas de racisme ont été rapportés depuis le mois de février à Montréal et ailleurs dans le monde. Des commerçants du Quartier chinois avaient aussi témoigné de la peur et du jugement de certains citoyens bien avant que le virus soit en éclosion dans le pays.