/news/coronavirus

Tousser pourrait lui valoir la perpétuité

TVA Nouvelles

Une blague de mauvais goût en temps de pandémie pourrait valoir la perpétuité au jeune «tousseur» qui se croyait bien malin en se faisant filmer en train d'expectorer sur un terminal au service au volant d’un restaurant de Québec. La peine serait extrême, mais possible.     

• À lire aussi: Le «tousseur» arrêté par la police de Québec  

• À lire aussi: «On dit à la blague que les lois, c'est fait pour les imbéciles»  

• À lire aussi: Service au volant: le «tousseur» perd son boulot  

Le jeune homme de Lévis a été arrêté hier par le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) pour méfait et nuisance publique.     

«Commet un méfait quiconque volontairement rend un bien dangereux», explique la juge à la retraite Nicole Guibeault en entrevue avec Denis Lévesque. Ce que pourrait avoir fait le «tousseur» en expectorant intentionnellement sur le terminal de paiement s’il est porteur de la COVID-19.     

La magistrate se réfère également à l’article 430 du Code criminel concernant la peine que pourrait se voir donner le jeune homme de 20 ans.    

«Est coupable d’un acte criminel et passible de l’emprisonnement à perpétuité quiconque commet un méfait qui cause un danger réel pour la vie des gens», expose-t-elle.    

Tape sur les fesses    

Avocat de la défense, Jean-Pierre Rancourt voit les choses différemment. «Ça s’appelle un innocent pour faire une chose comme ça, mais de là à pouvoir l’accuser de méfait», appuie-t-il.    

«La preuve va être difficile à faire à moins que l’on puisse prouver que la personne qui a pris le terminal après (le tousseur) a été infectée au coronavirus. C’est un geste innocent qui mériterait une petite tape sur les fesses, mais pas de perpétuité», lance le criminaliste.    

Le jeune suspect a été libéré sous promesse de comparaître assortie de plusieurs conditions à respecter.     

Le dossier sera soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales qui lui déterminera si des accusations criminelles seront portées contre le jeune homme.  

Le SPVQ rappelle à la population qu’en contexte de pandémie et d’urgence sanitaire, toutes les situations qui mettraient à risque la santé de la population sont prises au sérieux.